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Ma vision de l’amitié : entre exigence et auto-protection


Publié le 9 mars 2016 par La Liseuse

Je ne suis pas une personne solitaire, tu vois, je suis plutôt quelqu’un qui recherche le contact et la compagnie des autres. Plutôt sociable et ouverte d’esprit, je me lie assez facilement avec des gens d’un peu tous les horizons.

J’aime particulièrement rencontrer des gens qui sont différents de moi, qui ont eu des parcours ou des expériences complémentaires aux miens et qui ont des choses à m’apprendre. Mais ensuite, le souci, c’est que je n’arrive pas toujours à instaurer une vraie amitié. Ou alors j’ai carrément du mal avec le type d’amitié que la personne me propose.

J’aime me faire de nouveaux amis : par principe, tout le monde est le bienvenu dans ma vie. Ça ne veut pas dire pour autant que je peux accepter n’importe quoi à n’importe quelles conditions…

Amitié et exigence

Crédits photo (creative commons) : Tyler Hood Photography

En fait, je ne sais pas si je peux utiliser le terme « amis » dans ce contexte. Mon niveau d’exigence en amitié fait que mes vrais amis sont rares. Si je ressens un fort déséquilibre entre la place que prend une personne dans ma vie, l’attachement que j’ai à son égard, et la place qu’elle m’accorde dans sa vie à elle, je réduis automatiquement la voilure. C’est un réflexe, je pourrais presque dire un réflexe de survie.

Je peux me couper en quatre, prendre souvent des nouvelles, me rendre disponible, partager les joies, soutenir dans les moments pas drôles, participer aux déménagements, souhaiter les anniversaires, rendre moult services, faire plaisir, organiser des fêtes, préparer des dîners végétariens ou sans gluten, etc. Mais seulement si la personne fait de même pour moi.

Il m’arrive parfois d’avoir une sorte de coup de cœur amical pour une personne, cette sensation que le courant passe bien. Du coup, je prends naturellement l’initiative suivante : je propose de boire un verre. Et puis, je constate au bout d’un moment que ça ne fonctionne pas : cette personne ne peut pas me trouver une place dans sa vie ou elle me garde à distance.

Dans certains cas, je n’hésite plus à couper carrément les ponts si je vois que ça ne mène nulle part. La règle du jeu, c’est que mon énergie est précieuse : il ne s’agit pas de la gâcher pour des personnes qui semblent totalement réfractaires à l’idée de dépenser un peu de la leur pour moi.

J’appelle ça de l’exigence, mais c’est également une forme d’auto-protection, d’auto-préservation, car ça m’évite de me retrouver dans des situations qui me rendent très malheureuse. Ça n’empêche pas la déception : c’est tout de même blessant de vouloir faire entrer une personne dans ma vie et de constater qu’elle n’en a pas envie, qu’elle freine des quatre fers.

Pourquoi, je n’arrive pas toujours à le comprendre. Est-ce moi qui ai mal vu ? Est-ce que le feeling de départ n’était pas réciproque ? Est-ce que mes initiatives sont trop envahissantes, trop ceci ou pas assez cela ? Est-ce que je tombe simplement au mauvais moment dans sa vie ? Ou est-ce que la personne a déjà son quota d’amis et n’a pas besoin de plus ?

Quand j’y pense, je me dis que je suis passée au travers de la phase d’apprentissage des règles implicites des relations sociales. Quand rappeler ? Comment savoir que ce n’est pas la peine d’insister ? Comment être présente pour les gens sans être envahissante ? Etc.

Je ne crois pas l’avoir appris dans ma vie, et c’est la psy que je consulte qui me fait rattraper ce retard. Elle m’explique quels comportements sont normaux chez moi ou chez les autres, lesquels ne le sont pas et ce que ces comportements peuvent révéler de moi ou de l’autre personne. Il paraît que pour connaître quelqu’un, il ne faut pas tant écouter ce qu’il dit que regarder ce qu’il fait.

Bref, évoluer dans une société sans en maîtriser toutes les règles, c’est compliqué. Je me suis égratignée un paquet de fois. J’ai sans doute été pesante pour les gens que j’aime, je les ai peut-être éloignés bien malgré moi. Et j’ai certainement perdu du temps avec des individus qui n’en valaient pas la peine. Désormais, mon comportement en amitié est plus mesuré, plus proche de celui d’une personne normale. Et surtout, je n’hésite plus à mettre un terme à une relation qui m’apporte plus de négatif que de positif.

Ce sujet, ma façon de gérer mes amitiés, me semble particulièrement d’actualité dans ma vie. Je viens de souhaiter un joyeux anniversaire à un ami, quelqu’un avec qui j’ai passé d’excellents moments et eu une super complicité, avec qui je dînais en riant beaucoup deux fois par mois pendant quelques années.

Et puis, un jour, il a rencontré l’amour de sa vie, et la jalousie de sa compagne nous a éloignés (alors que je n’ai jamais eu la moindre arrière-pensée à son sujet : j’ai toujours nourri pour lui une amitié non équivoque). Je suis absolument ravie qu’il soit heureux en amour, qu’il se soit marié… C’était d’ailleurs une superbe fête. On a dansé jusqu’à avoir mal aux pieds, au point de se déchausser pour pouvoir continuer à danser quand même. Je suis ravie qu’il ait fondé une famille. Mais nous n’échangeons presque plus de nouvelles, et quand nous le faisons, les mails finissent par rester sans réponse.

Je disais donc que je lui avais adressé un sms pour lui souhaiter un joyeux anniversaire. Il y a répondu en me remerciant, et en m’apprenant que la famille s’était agrandie une semaine plus tôt. Les bras m’en sont tombés. Je n’étais même pas au courant qu’ils attendaient le passage de la cigogne. Dans les quarante-huit heures qui ont suivi, il a complété l’info comme promis, avec un mail, plus de détails et une photo des petits ensemble.

Pour l’instant, je ne sais pas comment réagir. Je suis très partagée. J’ai du mal à me réjouir pour lui, car j’ai l’impression qu’il m’a exclue, qu’il m’a tenue à l’écart. Je lui en veux un petit peu de m’avoir traitée de cette façon, je ne l’ai pas mérité. Je ressens une grande distance entre nous, et en tant qu’amie, je me sens totalement délaissée. Ça me semble injustifié, en plus de me rendre triste.

Le comble, c’est que nous sommes amis sur les réseaux sociaux. Mais il ne publie jamais rien (jamais rien), et ce que je publie de temps en temps, il le consulte toujours en sous-marin, ce qui a pour effet que nous n’avons aucune interaction. Il arrive à suivre ce qui se passe dans ma vie, de loin et en gros, mais pas moi. Pourtant, tout indique qu’il m’apprécie beaucoup, et que ce n’est que par négligence ou manque de temps que notre amitié tombe un peu aux oubliettes.

L’autre situation qui rend ce sujet totalement brûlant d’actualité, c’est que l’un de mes meilleurs amis, à qui je dis tout, qui connaît tous mes défauts et qui est toujours prêt à bousculer son agenda si jamais j’ai un gros problème ou un coup de blues (tu sais, le genre de personne qui attend vraiment une réponse quand elle te demande comment tu vas et qui réagit en fonction de la réponse que tu lui donnes), cet ami-là est en train d’organiser son déménagement. Il s’installe ailleurs, loin, où il a des projets et où il vient de rencontrer quelqu’un (mais son projet était en marche avant la Rencontre).

J’ai peur. Je redoute que le cours de la vie quotidienne ne nous rattrape, que nous ne puissions pas garder le même niveau d’implication l’un envers l’autre, que la distance ait raison de notre relation, et que nous nous promettions en vain que non, non, rien de tout ça n’arrivera. Je sais que fatalement, quand nous ne serons plus dans la même ville, nous n’aurons plus le même style de vie, car ses projets l’emmènent sur un chemin nouveau. Et en plus de ça, nos vies de couple respectives nous laisseront moins de temps libre pour échanger.

Cette peur est d’autant plus forte que cette même situation s’est présentée avec un couple d’amis parti dans un pays lointain. Des gens fabuleux, très intéressants, drôles, avec qui j’ai passé d’excellents moments, des moments qui semblaient déborder de sincérité de part et d’autre.

Avec les réseaux sociaux et les moyens de communication modernes, si on m’avait dit que les échanges diminueraient à ce point, je n’y aurais pas cru. Mais finalement, ce sont des gens tellement géniaux qu’ils semblent avoir beaucoup d’autres gens géniaux autour d’eux, et qu’ils peuvent se dispenser de moi. C’est l’impression que ça me donne, et ça me rend bien triste.

Pour me protéger de la peine que ça me fait, je suis obligée de prendre une grande distance émotionnelle vis-à-vis d’eux. Je les relègue au second plan, ces gens que j’adore : ça m’aide à me contenter d’échanges succincts et occasionnels. Je ne peux pas continuer à m’investir dans une amitié qui me frustre autant. Tu vois, toujours ce réflexe de survie.

Parmi les autres situations où un choix radical s’imposait, il y a eu cette fille super sympa, mais qui ne pouvait jamais arriver au moindre rendez-vous avec moins de quinze à vingt minutes de retard. De plus, elle m’a posé un lapin deux fois à quelques mois d’intervalle pour des fêtes chez moi (la première fois, elle m’a avertie au dernier moment qu’elle était malade, et la seconde, elle a carrément zappé la date de la soirée).

Pour finir, lorsque je l’ai invitée à ma soirée d’anniversaire, alors qu’elle avait promis de venir, cette fois-ci, les choses ont subitement changé une semaine avant la date : elle a décidé d’organiser un weekend d’escapade et m’a dit qu’elle ne serait finalement pas là. Elle était désolée, elle espérait que je comprendrais… Mais c’était trop, j’ai tout arrêté. Je n’ai même pas trouvé l’énergie pour répondre à son sms d’excuse.

Le bon côté de cette exigence et de ce phénomène d’auto-préservation, c’est que les gens que j’apprécie s’apprécient les uns les autres. Ça se produit tout le temps. Mes amis sont plus cool que moi sur ce sujet. Ce sont probablement des gens qui ont appris les règles de la vie en société ? En tout cas, pour l’avoir vécu des tas de fois, je sais que si j’apprécie vraiment quelqu’un, les chances pour qu’il soit rapidement intégré dans mon noyau d’amis sont énormes.

C’est l’une de mes grandes joies : je réunis une dizaine ou une vingtaine d’amis chez moi, je leur sers un apéro dînatoire, je les présente les uns aux autres. Ensuite, je prends du recul pour les observer, et je vois avec un immense plaisir que les conversations battent leur plein, que tout le monde a l’air de passer un bon moment. C’est probablement l’une des situations qui me procurent le plus de satisfaction et de bonheur : être entourée des gens que j’aime et qui ont fait l’effort de venir pour moi, passer un bon moment avec eux et les voir passer un bon moment avec les autres gens que j’aime. Rien que d’y penser, mon cœur est tout chaud.

Voilà, je crois que même si on ne se connaît pas encore bien, toi et moi, on peut dire que tu connais tout de moi maintenant, car ce sujet, c’est un peu l’histoire de ma vie…

Et toi ? Comment vis-tu tes amitiés ? En as-tu déjà interrompu car tu n’y trouvais plus ton compte ? Qu’attends-tu de tes amis ? Viens en parler !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

16   Commentaires Laisser un commentaire ?

Ars Maëlle

Bonjour,
Je voudrais partager un petit bout de ma propre expérience pour que tu puisses peut-être comprendre certaines des personnes qui s’éloignent parfois. J’ai toujours été introvertie, avec un cercle d’amis très restreint et ni la capacité ni vraiment d’envie de l’élargir. Il y a cinq ans, je suis tombée dans la dépression, et ce mal être m’a fait me renfermer, je n’avais plus la force d’aller vers eux pour passer de bons moments, même ça me coûtait trop. Mais ils sont restés disponibles, à chaque fois que j’étais prête à revenir vers eux, et aujourd’hui, alors que je commence à voir le bout du tunnel, leur amitié me booste énormément pour continuer. J’ai une autre amie à qui c’est arrivé, elle s’est beaucoup repliée sur son couple (parfois c’est une question de survie psychique, ce repli).
Mais aujourd’hui, notre groupe est confronté à une des pires choses possibles : une de nos amies est décédée brutalement dans un accident. Et là, les éloignements, les tensions même qui pouvaient exister… n’ont plus d’importance. On est ensemble, on se soutient, ça nous porte à travers cette épreuve et on sait que quelque chose nous lie pour toujours.
Les amis qui te négligent peuvent parfois être vraiment négligents, parfois juste aspirer ton énergie et ta générosité. Mais parfois c’est qu’il se passe effectivement quelque chose de majeur dans leur vie – triste ou heureux comme cette famille pour ton ami. Si ces amitiés ont compté, si tu en as la force, laisser la porte ouverte peut les aider à retrouver l’équilibre, ou tout simplement permettre de retrouver un peu plus tard la joie d’être avec eux.
Ceux que tu voudrais accompagner en cas de malheur, malgré l’éloignement (physique ou relationnel), je pense que ceux-là, ça vaut la peine de leur laisser la porte de ton cœur ouverte.

le 09/03/2016 à 08h48 | Répondre

Sandra

Moi aussi, je suis quelqu’un d’exigeante et à tel point que je me marie dans quelques mois et je n’ai que 2 amies réelles à convier à cette fête …

Je me reconnais dans ton témoignage, très bien écrit car moi aussi dès que je sens une réserve : je me retire systématiquement. Je ressens tout de suite si la personne n’a pas envie de m’en dire plus, ni de me faire partager les moments de sa vie. D’ailleurs, j’apprenais souvent les nouvelles via les réseaux sociaux plutôt que par sms … ce qui a encouragé mon retrait définitif de Twitter, Instagram ou encore Facebook.
Je ne perds plus mon énergie également avec ceux qui n’en gaspillent pas pour moi, ni à essayer de comprendre et décortiquer les excuses de chacun. Aujourd’hui, je n’ai pas réellement d’ami(e)s dans mon quotidien et je m’y suis faite à cette situation. Je pense parfois que je ne peux pas tout avoir et surtout que j’ai réussi à me construire ainsi avec des périodes évidemment plus difficiles que d’autres mais dans l’ensemble ça va !

Merci pour ce billet, qui permet de voir que l’on est pas seule …

le 09/03/2016 à 09h16 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je partage beaucoup l’avis de Ars Maëlle. L’éloignement est parfois nécessaire et salvateur pour les amitiés. J’aime partager des choses avec des amis mais j’ai aussi appris que chacun avait sa vie, sa manière de voir et de faire. Elle n’est pas toujours en accord avec mes besoins mais l’important c’est ce que tu ressens quand tu partages des moments avec eux. Mes amis sont pour la plupart loin. Ils me manquent. C’est dur de garder des contacts fréquents. Il n’empêche que quand je les vois c’est comme si je les avais quitté la veille.
À une époque je me posais beaucoup de questions quand je n’avais pas de nouvelles ! Je me rends compte avec le temps que moi aussi il m’arrive d’être moins disponible et que je ne communique pas sur les changements majeurs de ma vie. Si eux ne m’en tiennent pas rigueur, il n’y a pas de raison que moi je le fasse 🙂

le 09/03/2016 à 09h25 | Répondre

Madame D

Je crois être un peu comme toi ! Très ouverte à l’amitié facile. Mais je pens que dans l’amitié, il n’y a pas de généralité. Chaque amitié est differente. Ma meilleure amie a un travail très prenant, et on se voit rarement. Pourtant on est toujours la l’une pour l’autre. Elle sera toujours la première au courant des nouvelles importante de ma vie comme je le suis toujours pour les siennes.
Contrairement à toi, je n’arrive pas à juste coupé les ponts avec les personnes qui m’ont bléssé. Je suis hyper rancunière !!! Il y a des personnes qui m’ont repoussé il y a quelques années et encore aujourd’hui il ne vaudrait mieux pas que je les croise …

le 09/03/2016 à 09h28 | Répondre

Flora

C’est drôle mais pour ma part les amitiés les plus précieuses sont loin d’être les gens que je vois souvent. Mais j’ai beaucoup bougé alors c’est peut être pour ça. Pour moi ne pas voir les gens, ou même ne pas leur parler pendant des mois n’est pas ce qui fait la sincérité dans l’amitié. J’ai des amis que je n’ai plus vu depuis des années, que j’ai au téléphone très rarement mais que je sais que je peux toujours compter sur eux et inversement. Pour moi c’est même une preuve de solidité si une amitié peut tenir dans le temps et malgré les distances. Même quand nos vies changent, qu’on se fait d’autres amis… Après j’aime bien avoir des amis avec qui partager le quotidien aussi et je suis d’accord pour ne pas perdre son temps dans des amitiés à sens unique, mais si des gens ont vraiment de l’importance dans ta vie c’est dommage de laisser la distance avoir raison de votre amitié. C’est normal que les contacts s’estompent avec le temps, ça ne veut pas pour autant dire que tu ne comptes plus à leur yeux.

le 09/03/2016 à 09h45 | Répondre

Choupichette (voir son site)

As tu vécu de grosses déception amicales pour en arriver à penser comme ça ? (ce n’est en aucun cas une critique, juste un vrais interrogation)
Je trouve que ton article révèle quelque chose de dure envers les autres (l’attente implicite d’une sorte de retour) mais aussi envers toi même (se fermer totalement à des amitiés plus légères, penser que tu n’est pas assez intéressantes pour tes amis super géniaux qui s’éloignent…). Mais je me trompe peut être, c’est le ressenti qui me vient en lisant ton article.

Pour min expérience perso : j’ai vécu 3 énorme déceptions amicale dans ma vie. Et à chaque fois elles venaient de filles que j’appelais « meilleure amie ». Première trahison à l’école primaire (untel m’a dit que tu voulais plus qu’on soit amies alors j’arrête), deuxième trahison avant le brevet (quand je l’ai vu embrassé le garçon sur lequel je craquais à l’époque), troisième trahison un an après le lycée (quand elle n’a pas compris pourquoi j’émettais des doutes sur son couple, pensant que c’était de la jalousie de ma part). J’en suis venue à la conclusion que :
1. je ne nommerais plus jamais qqun « meilleure amie »
2. On choisis ses amis alors je ne me prendrais plus la tête pour un groupe dans lequel je n’apprécie pas des personnes
3. je me suis rendue compte que j’avais des amies, auxquels je parlais moins souvent, mais avec qui tout était plus simple, plus sincère et plus durable.

Bref, tout ce pavé pour dire qui oui tu as le droit d’avoir des exigences en amitié, c’est une relation où on s’investit corps et âme, mais je pense qu’il faut aussi savoir lâcher prise et accepter l’éloignement, les autres cercles d’amis ou les emplois du temps pas très compatibles.

le 09/03/2016 à 10h34 | Répondre

Choupichette (voir son site)

Vraiment désolée pour les (trop) nombreuses fautes de frappe -_-

le 09/03/2016 à 10h36 | Répondre

MlleMora

Très intéressant ton article et ta vision de l’amitié. Tu me fais penser à une amie à moi, qui voit les choses un peu comme toi (mais elle n’est pas capable de couper les ponts par contre) – notre amitié a failli se terminer quand ma vie a changé (la naissance d’un enfant, ça chamboule tout l’équilibre amical qu’on avait si les amis n’ont pas d’enfants).
Tu sembles exigeante envers les autres, mais peut-être aussi que les autres ont l’impression que c’est toi qui n’est pas disponible pour eux ?
J’entends par là que quand les gens voient que tu as beaucoup d’amis autour de toi, que tu es entourée, ils se disent sans doute qu’il n’y a pas de place dans ta vie pour eux, donc ils ne font pas d’efforts.
Pour ma part, je suis plutôt introvertie, et l’amie citée plus haut est très extravertie, elle a des tas de connaissances et d’amis. C’est frustrant pour moi car quand je lui demande de me consacrer du temps à moi seulement (car pour moi une fête ce n’est pas un moment avec mon amie, c’est un moment avec des tas de gens que je ne connais pas ;))- elle en est souvent incapable.
Je ne lui en tiens pas rigueur car je la connais bien – et tu as sans doute parmi tes amis les plus proches des amis qui ne te reprocheront jamais rien. et finalement ces amis proches, pour tout le monde, on les compte sur les doigts de la main et comme le dit Mme Ebène, ce ne sont pas forcément ceux qu’on voit le plus souvent !

le 09/03/2016 à 12h52 | Répondre

Lisa

L’amitié, super sujet merci pour ton témoignage. Pour ma part, je dirais que je ne maitrise pas non plus tous les codes. J’étais très réservée par le passé et j’ai plutôt eu l’habitude d’avoir une petite bande d’amis mais des amis sincères. A l’heure d’aujourd’hui toutes les grandes amities que j’ai pu avoir ds ma vie sont encore présentes même si on s’envoie peu de message dans l’année pour certains. On évolue dans nos vies, il y a la distance géographique et tant de choses qui font que l’on ne peut toujours donner régulièrement des nouvelles. J’aurais aimé être plus populaire, et puis étudiante j’ai eu plus d’amis avec lesquels je sortais souvent, que je voyais ts les jours et plusieurs soirs dans la semaine, on était une grande bande mais je me rends compte aussi que certaines amitiés sont plus superficielles. Elles peuvent être très forte sur le moment et puis avec la distance elles ne tiennent plus. C’est pour cela que je pense qu’il y a plusieurs niveaux d’amitié, connaissances…, ceux avec qui ont sait qu’il seront de passage mais avec qui on passe de bons moments et les vrais amis ceux qui seront toujours là dans les bons moments comme dans les épreuves. Ceux là sont plus rares. Concernant les réseaux sociaux, je ne publie quasi jamais, j’aime pas trop je préfère la vraie vie et le tel pour donner des nouvelles mais par contre je fais ma curieuse et commente les statuts de mes amis. Et pour ton ami, tu sais ce n’est pas parce qu’il n’a pas pris le temps de te contacter avant qu’il ne pense jamais à toi, parfois on est pris par le rythme du quotidien. On se dit il faut que j’appelle untel pour prendre et donner des nouvelles et on remet à demain le temps passe plus vite qu’on ne le veut… Ce n’est pas pour autant que tu ne compte plus pour lui.

le 09/03/2016 à 14h30 | Répondre

sarah

Alors ici, ma maman m’a dit une chose une fois : On nait seul, on vit seul, on meurt seul. Alors même si cela est très extreme, c’est quelque chose que je garde en mémoire car on a la vie que l’on se crée. Que les amis c’est bien, mais ca fait pas tout et que les relations évoluent aussi. J’ai toujours été très solitaire, jamais fusionnelle en amitié et mes amis d’aujourd’hui sont ceux qui ont compris qui je suis et qui me laissent tranquille et vivre ma vie. Et pourtant ceux la, quand je les vois c’est comme si on s’était quittés la veille. A te lire j’ai l’impression (et mes excuses si je me trompe) que tu te mets énormément de pression, un peu à la façon de quelqu’un qui cherche absolument à se mettre en couple et du coup qui ferait fuir tous ses prétendants. Un conseil, prend la vie et les gens comme ils viennent et profite des amis que tu as deja!

le 09/03/2016 à 15h31 | Répondre

Mlle Moizelle

L’amitié… Vaste sujet, oui. Plusieurs définitions, plusieurs degrés… Je suis aussi très compliquée dans mes amitiés. Je suis heureuse des liens que je garde avec certaines personnes qui ont traversé ma vie et qui habitent loin: un mail par mois ou un peu moins, mais on partage l’essentiel, un morceau de nous, les nouvelles importantes. Et si j’organise une soirée, ce seront des gens différents, des amitiés plus proches géographiquement mais beaucoup moins profondes. Ces gens là ne savent finalement pas grand chose de moi, et vice-versa: on passe un bon moment, on parle de tout et de rien (mais pas trop de nous), on rit, on joue… En fait, je souffre souvent, j’ai souvent l’impression que c’est à moi de rendre et donner des nouvelles, et si j’attends sans le faire, les gens s’éloignent, ne prennent pas l’initiative d’une rencontre, n’organisent rien (ou du moins ne suis-je pas invitée). J’ai toujours l’impression de donner, donner, attendre un retour, un peu, et m’essouffler… Je rêve de cet(te) ami(e) que l’on appelle en cas de coup dur et qui sait tout de nous (ou presque bien sûr) et réciproquement. Je voudrais être la meilleure amie de quelqu’un… Et je me fais presque pitié! J’ai toujours l’impression d’accorder plus d’importance aux gens que eux ne m’accordent… Peur d’être étouffante, alors j’essaie de ne pas trop montrer, de ne pas trop attendre… Je n’ai jamais envisagé que j’avais loupé des « codes sociaux » qui me permettraient de connaître ma « place » dans la vie des gens, mais tu as peut-être raison sur ce point!

le 09/03/2016 à 16h27 | Répondre

Nya (voir son site)

Quand on lit les témoignages ici et sur d’autres articles en la matière, c’est à se demander si qui que ce soit, à l’âge adulte, a déjà eu ces fameux « amis pour la vie ». Seraient-ils une chimère ? J’entends parfaitement que ce soit possible pendant l’enfance ou l’adolescence, alors qu’on apprend les ficelles de l’amitié, mais une fois adulte, je suis plus dubitative.

Pour ma part, je considère les gens comme des passagers dans mon grand voyage dans la vie : ils embarquent à un moment, et débarqueront probablement un jour. Pas de pression. Je n’ai plus de « meilleure amie », par choix, depuis mes 20 ans, pour ne pas attendre trop des gens. Si les gens veulent me voir, je suis ravie et je renvoie la politesse. S’ils ne me contactent pas, je tente de reprendre contact deux ou trois fois max avant de les laisser partir si c’est ce qu’ils veulent, sans amertume : la vie est courte pour s’accrocher aux personnes qui n’ont pas envie de nous voir. Cela ne m’empêche de les accueillir de nouveau avec plaisir s’ils reprennent contact. Si une personne a envie de me voir une fois par semaine, mois ou an, cela me convient du moment qu’il n’y a pas de reproches, et on reprend la conversation où on l’a laissée.

le 09/03/2016 à 21h02 | Répondre

Mlle Moizelle

J’aimerais avoir cette philosophie de lâcher-prise Nya! 🙂

le 10/03/2016 à 13h27 | Répondre

La Liseuse

Bonsoir à toutes et merci pour tous vos commentaires. C’est super de voir vos différents points de vue et vos façons de faire sur ce sujet super personnel… ^^
Tous vos commentaires m’ont beaucoup intéressée et Ars Maëlle, le tien m’a particulièrement touchée. Je vous souhaite beaucoup de courage et beaucoup de solidarité entre vous.

Je ne sais pas si je me mets la pression mais en tout cas je peux m’attacher assez rapidement en amitié, et les déceptions, on ne les compte plus. Je vais essayer de réfléchir à vos différents avis et peut-être faire un peu évoluer mon point de vue. Merci encore!

le 09/03/2016 à 22h11 | Répondre

Gwenaelle

Je trouve ça tellement intéressant, tous ces points de vues. Cet article en lui-même, bien évidemment, est aussi à la fois extrêmement productif et un parfait reflet de la société actuelle, à mon sens.
Je me retrouve complètement dans cet article, en fait. J’aime échanger, rencontrer de nouvelles personnes, je laisse les gens entrer dans ma vie facilement.
Je trouve que de manière globale, le plus dur c’est le suivi. Est-ce qu’on peut faire totalement confiance, et dire certaines choses très intimes à ces personnes? Est-ce qu’ils seront là pour nous dans nos bonheurs comme dans nos peines? Est-ce qu’ils garderont le contact facilement? Est-ce que j’aurais, moi, envie de les recontacter spontanément? Finalement, à mon sens, un vrai ami, c’est un peu comme un mari/une femme. Tu signes un contrat tacite et immatériel d’être là pour l’autre. Un vrai ami, c’est quelqu’un avec qui tu ne poses logiquement pas toutes les questions au-dessus, par ce que tu sais que cette personne sera là.
J’ai récemment mis fin à une amitié de 10 ans. Nous nous étions rencontrées au lycée, et depuis le début, vu son contexte familial difficile, j’ai toujours été plus là pour elle que l’inverse. Elle a vécu des tas de moments douloureux à l’adolescence et elle avait besoin de quelqu’un. J’étais là.
Entrées dans l’âge adulte, j’ai changé, elle aussi. Elle me voit toujours comme une ado boulotte en mal d’amour, qui cachait sa sensibilité derrière un côté râleur et grande gueule. Comme celle qui sera là pour elle, quoi qu’il arrive.
Par contre, dans l’autre sens, c’est une autre histoire … J’ai eu plusieurs moments difficiles ces dernières années, et j’ai vraiment eu le sentiment que pour le coup, elle n’était pas présente pour moi. Pas suffisamment en tout cas. J’ai mis ça plusieurs fois sur le compte de mon exigence certainement exacerbée et peut-être un peu de ma parano.
Puis les événements se sont succedés, avec toujours une réaction en demi-teinte de son côté quand il s’agissait de moi. Toujours une amertume grandissante quand à son « non soutien ».
Se sont ajoutés par dessus d’autres amies qu’elle a pu se faire et qui désormais, passaient avant moi, et à qui, en plus, elle racontait les détails de ma vie que je lui confiais.
J’ai décidé d’arrêter de me laisser faire et j’ai choisi la diplomatie, lui expliquant qu’on s’était éloignées, qu’on pouvait toujours être amies, mais plus de la même façon.
Elle a été énormément vexée et m’a reproché cette distance entre nous par mon introversion, et en me disant des choses blessantes, comme le fait que ma solitude était responsable de tout.
Ca a été très dur à entendre, mais en même temps salvateur car ça m’a prouvé qu’elle ne me connaissait vraiment plus. Qu’elle n’avait pas compris qui j’étais, et pourquoi j’avais souhaité lui parler de tout ça.
Donc aujourd’hui encore, parce que c’est tout frais, c’est difficile à gérer, de l’avoir perdue.
Mais je me dis qu’elle ne m’apportait plus rien émotionnellement parlant, et que c’est peut-être pour le mieux?

le 10/03/2016 à 12h15 | Répondre

Patricia

Bonjour, ton message me bouleverse. Je suis comme toi, sociable, ouverte d’esprit, j’aime les gens, apprendre, partager, échanger je trouve cela enrichissant. Mais je suis aussi sélective. Exigeante mais tolérante car je sais aussi qu’on ne peut pas tout demander et tout avoir des autres. Patiente aussi car l’amitié se construit et grandit à deux. Les attentes sont parfois inégales (trop d’enthousiasme ) et du coup les déceptions sont grandes, on se devalorise en pensant que c’est notre faute.
Quand on a trouvé un(e) confident(e), un(e) meilleur(e) ami(e), un frère ou une soeur de coeur on a cette peur de les perdre. On a peur que cette complicité, cette bienveillance sans faille soit brisée par la jalousie d’une tierce personne.
Pour cela il est important et primordial d’exprimer ses émotions, ses besoins en toute honnêteté et sincérité. Il est important de le dire car notre ami(e) n’est pas devin et à peut être aussi besoin de l’entendre. Et c’est comme ça que la confiance s’installe et que l’amitié grandit et se renforce.
Le bonheur il est là…

le 12/03/2017 à 08h18 | Répondre

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