Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Mon chemin de vie avec des parents manipulateurs


Publié le 19 mai 2015 par bzou

J’ai eu 24 ans il y a quelques mois. Enfant, j’ai toujours été casse-cou. J’étais sociable et souriante, j’ai toujours eu cette faculté d’aimer les gens et d’être entourée.

Seulement voilà, j’ai eu une famille, on va dire… quelque peu compliquée. Je ne sais pas lequel entre mon père ou ma mère est le plus manipulateur. Mes parents ont toujours voulu bien se faire voir dans leur entourage, avoir une belle maison, belle voiture, faire croire à la vie de famille parfaite en société…

Mon adolescence, je l’ai passée sans pouvoir sortir avec mes amis quand je le voulais, au point qu’aujourd’hui, je n’ai pas vraiment d’amis proches. Je n’ai jamais pu m’exprimer comme je le voulais, j’avais cette impression de toujours devoir me conformer aux règles que mes parents mettaient en place… Par exemple, aucune sortie, aucune copine ne venait chez moi, pour tout, c’était toujours NON NON et NON. Je ne compte plus les soirées où je me suis ennuyée à ne rien faire. Je n’ai jamais entendu un je t’aime de la part de ma mère, seulement des chantages affectifs quand je pleurais ou que je me rebellais.

Et pourtant, j’aime mes parents… Ils ont été là à plusieurs reprises pour moi, par exemple pour les études. Mais je me demande si ce n’était pas seulement pour le « paraître ». Ils ne m’ont jamais laissé tomber dans les problèmes, m’ont donné des conseils… Je ne sais pas si j’ai été aimée à leur façon. J’aurais voulu être écoutée plus souvent, pouvoir m’exprimer quand je le voulais sans que mes parents se sentent offusqués, ou pouvoir fréquenter qui je voulais quand je le voulais.

Arrivée à l’âge adulte, j’ai cru que ça allait changer. C’est devenu pire. À 18 ans, je suis partie de chez mes parents faire mes études à l’étranger, pour ne plus avoir à subir leur pression psychologique. Seulement, mon île natale me manquait terriblement. Je suis revenue, et à mon grand désespoir, mes parents avaient toujours la même mentalité. J’ai toujours pensé qu’ils avaient eu un vécu difficile, et qu’ils pensaient comme du temps de leurs propres parents.

Mais leur façon de vouloir tout contrôler, même les personnes que je fréquentais, m’a poussé à vouloir comprendre. J’ai compris que mes parents étaient des « manipulateurs narcissiques ». C’est dur de se dire que ses propres parents, dont on a pensé qu’ils nous aimaient sans limites, nous ont pourtant manipulé toute notre vie.

Ma mère était souvent « en colère » pour rien. Rares sont les moments où j’ai pu lui parler, à partir du moment où je n’allais plus dans son sens. Elle me dénigrait, me rabaissait quand je voulais sortir avec mes amies, en disant que c’était « des putes ». Mon père me regardait toujours d’un mauvais œil quand je sortais le weekend. Et quand il était au courant que j’avais un copain, n’en parlons pas ! Tellement qu’au bout d’un moment, je ne les informais plus de rien, même quand je sortais le soir.

J’en ai toujours eu marre de devoir me battre pour sortir, ça fait des années que je veux partir du nid familial, seulement, je n’ai jamais eu les moyens financiers pour. Mais aujourd’hui, je ne veux plus me laisser faire. J’ai un boulot que j’aime malgré les difficultés, car j’ai du mal à m’adapter avec les gens. Je pense que c’est dû au fait que je n’ai jamais vraiment eu de vie sociale classique, avec un un cercle d’amis notamment.

Et pourtant beaucoup m’envient, me jugent, sans me connaître. Eh oui, le plus drôle, c’est que ma joie de vivre est très intense ! Pour l’anecdote, je travaille dans le domaine du social.

J’ai dû entamer une thérapie il n’y a pas longtemps, pour pouvoir mettre des mots sur mes maux. Je me sens plus écoutée, et enfin comprise pour ce que je vis. Car j’en ai entendu des personnes dire : « Mais non, tes parents ne veulent que ton bien, tous les parents sont comme ça, tu devrais être contente d’avoir encore tes parents pour t’aider ! ». Oui, j’ai eu du matériel, mais j’ai manqué d’affection, de je t’aime, de fierté de leur part.

J’ai longtemps essayé de rattraper ce manque avec des hommes, qui se rendaient compte rapidement du grand besoin d’amour que je demandais. Je m’attachais beaucoup, et ils prenaient finalement de la distance. J’ai été dépressive, complexée, anxieuse, j’ai fait des crises d’angoisse à plusieurs reprise. Je n’aimais pas mon corps, adolescente. J’ai eu des problèmes de santé à cause du stress que mon environnement familial générait.

Et malgré tout ça, je n’ai jamais voulu abandonner, et j’ai tout fait pour ne pas baisser les bras. Je me bats pour avoir la vie dont j’ai toujours rêvé, pour aller au-delà de mes rêves.

Je n’ai pas eu la chance d’avoir des parents compréhensifs, mais malgré toutes les disputes, ils savent que je les aime. Je ne me plains pas, loin de là, car j’ai toujours été reconnaissante de ce que m’a offert la vie. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai pu avancer. En me disant qu’il y a pire que ma situation. J’ai eu la chance d’avoir des sœurs et frères qui m’embêtent de temps en temps… mais qu’est ce que je serais sans ma petite sœur !

J’aime la vie, j’aime les gens. Plus tard, je voudrais inculquer à mes futurs enfants des valeurs comme la liberté, l’honnêteté, l’amour pour les gens, la fraternité, et de toujours faire ce qu’ils croient juste. Je ne veux pas donner l’éducation que mes parents m’ont donné à mes enfants. Et je ferai en sorte de ne pas faire un transfert sur eux, quant à l’amour dont j’ai manqué.

Je commence enfin à penser comme MOI, et non comme mes parents. Je ne veux plus d’une vie où je devrais toujours me justifier. Je veux une vie paisible. À toi qui me lis, je voudrais passer un message de liberté. Ne laisse personne contrôler ta vie, ne te laisse pas envahir par des personnes toxiques (parents, conjoint, entourage familial, amis…). N’aie pas peur de prendre ta vie en mains !

Et toi ? Tu as vécu une enfance semblable ? Tu as fini par te méfier de tout le monde, ou au contraire, malgré tout, tu restes très ouverte ? Tu t’es sentie parfois jugée et enviée pour ta vie, alors qu’elle cache de telles choses ? Viens en parler…

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

9   Commentaires Laisser un commentaire ?

Fleur-Joséphine

Bravo pour ton courage.
C’est curieux de reconnaître certains aspects de ma propre vie dans ton article : beaucoup de contrôle, sorties presque jamais, jamais entendu un « je t’aime », recherche de compensation auprès des hommes…
Tu as bien fait de commencer une thérapie, ça ne peut que t’aider, si tu as trouvé un(e) thérapeute qui te convient bien. Je te souhaite un avenir plus heureux !

le 19/05/2015 à 11h34 | Répondre

bzou

Merci bcp 🙂 Hey oui jspr enfin le trouver ce vrai bohneur..
Oui ça fais du bien d’être écouter par quelqu’un même si ça n’est peut être pas le meilleur..

le 19/05/2015 à 17h49 | Répondre

Gaelle

Bonjour Bzou.
Tout d’abord je voulais te feliciter pour avoir eu le courage de dire non a tout ca. J’ai moi aussi grandi dans une famille avec des parents toxiques.
Pour moi, la therapie a ete essentielle pour mettre des mots sur mes maux. Comme toi mes relations avec les hommes etaient extremement compliquees. Mais apres avoir pu parler et bander certaines plaies, les choses se sont doucement mises en place: travail, amis, amour… Il faut du temps pour comprendre, soigner et reinventer de nouvelles relations. Je tedouhaite bcp de bonheur dans un avenir proche, tu es sur la bonne voie.

le 19/05/2015 à 12h10 | Répondre

bzou

Merci bcp Gaelle 🙂 Pour certaines personnes comme nous la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Cependant je remercie mes parents de m’avoir donner envie d’avancer toute seule et une force de caractère.
J’ai toujours été rebelle en tout ^^ Je pense que ça doit venir de mon enfance.
En tout cas ça fait du bien de savoir qu’on est pas seul a avoir ce vécu et que les gens s’en sortent.
Mon parcours pour sortir de cette galère viens juste de commencer et jspr comme toi y arriver jusqu’au bout pour me recréer une vie meilleur. C’est ce que je souhaite plus que tout 🙂
Bonne continuation a toi

le 19/05/2015 à 17h54 | Répondre

Elodie

La vie fait parfois de drôles de clins d’oeil… Je viens justement de rentrer d’un stage où un des sujets abordés était les pervers narcissiques ! Le pervers narcissique est reconnu comme maladie psychologique mais la limite avec les « simples » manipulateurs est parfois mince et très difficile à détecter…
Ce cours m’a fait prendre conscience que j’ai souvent été victime de manipulateurs et que malheureusement la société dans laquelle nous vivons en créée de plus en plus et qu’un bon discernement est nécessaire pour ne pas tomber constamment dans leurs filets…
Ca fait un bien fou de voir qu’on n’est pas seul à vivre ces situations et que d’autres s’en sortent !
Courage à toi, le chemin est long mais pas impossible ! Et merci pour cet article qui permettra peut-être à d’autres de prendre conscience de ce qu’elles vivent au quotidien !

PS : une femme d’une belle sagesse m’a dit un jour  » le bonheur ne se trouve pas, il vit dans l’instant présent et il faut savoir ouvrir les yeux pour le cueillir et le savourer avant qu’il ne reparte  » 😉

le 20/05/2015 à 10h38 | Répondre

Camille

Mon dieu, j’ai réellement eut dans ton récit de voir la vie défiler !! A la différence que seule ma mère était comme ça. Heureusement, pour moi, depuis trois ans que j’ai quitté le nid (la cage ?) je suis plus libre, malgré la quarantaine d’appels (je n’exagère pas !) par jour… Même lorsque je travaille je reçois ces coup de fil ! Mais au moins à présent je sors et je vois qui je veux. Mais pas facile de se faire des amis, alors que tout le monde a déjà plein d’amis d’enfance ! Je connais ce que tu as vécu, j’ai fait une chose qui une fois a marché. Je n’ai pas répondu au téléphone pendant 3mois. Ça a fait un électrochoc, ils étaient tellement content de le voir que tout ceci s’est calmé. Reste encore un peu de boulot … (Ma mère passe devant mon boulot pour savoir à quelle heure je termine, regarde quand je suis connectée sur Facebook pour savoir a quelle heure je me couche… ) ce sont des détails énervants mais j’ai appris à vivre avec, et j’essaie de comprendre son anxiété : je suis sa fille unique, alors elle s’inquiète, un peu trop mais bon…
Bon courage a toi, souffle, et si tu peux, évite de couper les ponts, car je pense que tes parents comme toi en souffriront, et vivre dans le regret ce n’est pas une vie heureuse 🙂

le 20/05/2015 à 19h39 | Répondre

Fleur-Joséphine

Ma parole, c’est insupportable, ce qu’elle te fait vivre! c’est carrément du flicage. C’est dommage qu’elle utilise son anxiété de cette façon, ça doit être difficile à vivre pour toi et ton entourage. Je te souhaite plein de courage !

le 21/05/2015 à 09h57 | Répondre

MlleMora

J’aime beaucoup ton message de liberté à la fin de ton article. Tellement vrai, mais pas toujours facile à appliquer dans la vie… On fait tout pour en tout cas !

le 21/05/2015 à 17h04 | Répondre

Angélique

Bravo pour avoir réussit à t’en sortir.
J’ai vécu un peu la même chose, sauf que pour pour ma part c’était mon père qui était comme ça, ma mère un peu moins. Je savais que mes ami(e)s sortaient, avaient des petits copains, petites copines, allaient au cinéma, à la plage, etc …. Et moi je n’avais pas le droit. Mes parents ont voulus me modeler une certaine image : Il fallait donner une certaine image, il fallait que je sois la petite fille modèle, aussi bien dans l’attitude, que dans l’habillement. Ils m’ont mis une énorme pression pour l’école, etc … Sauf que j’étais le souffre douleur de la primaire au lycée, ils n’ont pas pris au sérieux ce que je vivais, pour eux c’était du cinéma. Je me rendais malade d’aller en cours, j’ai raté ma scolarité.
Aux alentours de 15/16 ans je me suis rebellée, cela à dégénérer au conflit. Bien sur les autres, l’entourage ne voyait rien, confortait même mes parents dans ce sens, alors qu’eux même permettaient beaucoup de choses a leurs enfants. Pourquoi je n’avais pas autant de droits que les autres?!
Puis j’ai perdu ma maman, je l’adorai malgré tout, car elle m’a donné énormément d’amour malgré tout ce qui s’est passé. Je me suis retrouvée à vivre avec mon père, et ce fût bien pire, je ne pouvais pas partir, financièrement ce n’était pas possible. Je me rendais malade de rentrer à la maison, c’était conflits sur conflits, j’avais presque 25 ans, à 2 ans près… Alors j’ai commencé à mentir, pour pouvoir sortir, avoir des petits copains, car j’avais un besoin immense de tendresse, d’attention.
J’en avais parlé à des « amis » de l’époque, personne ne me prenait au sérieux quand je leur expliquait, bien évidemment car devant tout le monde cela se passait bien.
J’en ai voulu terriblement à mon père, j’avais même coupé les ponts pendant quelques temps, cela m’avait fait un bien fou…….

le 27/06/2015 à 19h36 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?