Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Travailler en tant que nageur sauveteur


Publié le 4 octobre 2019 par Welna

Si tu aimes rester sur le bord de la piscine/sur la plage pendant que les autres se baignent, si tu n’as pas peur de plonger dans une mer agitée, ou si Alerte à Malibu te fait rêver, le métier de nageur sauveteur est sûrement fait pour toi ! Grâce au BNSSA (Brevet National de Sécurité et Sauvetage Aquatique), tu peux surveiller des piscines privées et des plages publiques ou privées.

Crédit photo (creative commons) : Ben_Kerckx

La formation

Avant toute chose, pour pouvoir passer ton BNSSA, tu dois être titulaire du PSE1, le diplôme des premiers secours en équipe niveau 1. Cette formation t’apprend à intervenir en équipe (avec au moins un équipier) et avec du matériel (notamment masque à oxygène). Personnellement, j’ai beaucoup aimé cette partie secourisme et il me semble que tout le monde devrait être formé aux gestes de premiers secours (même si on n’est pas obligé d’aller jusqu’au PSE1). Le PSE1 nécessite une formation continue annuelle, c’est-à-dire une petite piqûre de rappel régulière !

Concernant le BNSSA en lui-même, les épreuves ont changé depuis que je l’ai passé, mais globalement on retrouve :

  • une épreuve de natation,
  • une épreuve de sauvetage (tractation de mannequin, et sortie d’eau d’une personne simulant une détresse),
  • une épreuve théorique.

Tout comme le PSE1, le BNSSA est un diplôme nécessitant un recyclage tous les 5 ans : tu dois repasser certaines épreuves pour valider tes acquis.

J’ai passé mon diplôme avec une association qui propose une formation continue (à raison de 2 soirs par semaine tout au long de l’année) ou un stage intensif (une dizaine de jours entiers consécutifs). J’avais choisi la seconde version, et elle portait bien son nom d’intensive …! On apprend notamment à nager avec palmes/masque/tuba (utile si tu surveilles une plage en mer), à ramener au bord une personne en détresse (avec des prises de dégagement, carrément), on travaille aussi la nage en apnée (nécessaire en cas de recherche de corps). La théorie comporte beaucoup de choses, notamment les règles de baignade, mais aussi quelques bases concernant la navigation en mer.

Je pense que pour exercer en mer, tu auras besoin de formations complémentaires, notamment le permis bateau, mais je ne peux pas t’en dire davantage là-dessus. Dans mon cas, j’avais juste fait un petit stage en mer (quelques jours), pour mettre en application nos connaissances autre part qu’en piscine (je savais que j’allais être en poste sur un lac).

Le métier

En étant nageur sauveteur, tu n’as pas exactement les mêmes missions qu’un maître nageur. Principale différence, tu n’as pas le droit de donner des cours de natation (ou aquagym). Et sauf dispense préfectorale, tu ne peux pas non plus surveiller seule un plan d’eau où l’entrée est payante.

Ta première mission est de prévenir les baigneurs. Les prévenir des risques liés à la baignade, à la météo, mais également les informer des actions interdites (par exemple courir au bord de la piscine, ou jeter des cailloux dans un lac …). Le drapeau (qu’on appelle flamme) permet d’indiquer si la baignade est autorisée (flamme verte), déconseillée (flamme orange ou jaune) ou interdite (flamme rouge). Et c’est toi qui décides de la couleur du drapeau (mais pas en fonction de ton humeur hein …!).

Crédit photo (creative commons) : raggio5

Ta seconde mission est, bien sûr, de surveiller la baignade. Non, tu ne dois pas rester assise sur ta chaise à lire ton livre …! Tu dois rester vigilante, que ce soit à la piscine ou dans un lac ou mer. Pour cela, il est conseillé d’aller au bord de l’eau de temps en temps, pour se rapprocher de l’action !

Et ta dernière mission est d’intervenir en cas de besoin. Même si tu as bien rempli ton rôle de prévention et de surveillance, tout peut toujours arriver (malheureusement). Ton intervention peut avoir lieu dans l’eau (une personne qui panique, commence à se noyer), ou bien sur la plage. Eh oui, tu as tous les usagers sous ta surveillance, et donc les petits bobos ou malaises font partie de ton job !

Mon expérience

Grâce à mon diplôme, j’ai pu effectuer trois saisons en tant que nageur sauveteur (je ne sais pas si ça se dit nageuse sauveteuse …?).
Le premier été, j’ai surveillé pendant quelques jours la piscine d’un camping, c’était relativement calme. J’ai ensuite poursuivi ma saison en surveillance de lac, assez calme aussi. On avait quand même eu quelques gros événements, comme un triathlon ou un concert géant en plein air où les gens se baignaient la bière à la main (vigilance vigilance !).

Ma deuxième et ma troisième saison, je les ai passées dans un autre lac, un peu plus fréquenté, avec différentes plages à surveiller. Sur certaines plages, je pouvais me retrouver seule à surveiller, heureusement reliée aux autres avec un talkie-walkie (très utile pour se raconter des blagues !).

Heureusement, je n’ai jamais eu de gros problèmes durant ma surveillance. Il y a juste cette fois où une maman ne retrouvait pas son enfant. Après plusieurs appels passés au micro, et restés sans réponse, nous avons commencé une recherche de corps au fond du lac. Je t’avoue que c’est une expérience assez stressante : tous les gens sont assis sur la plage, le SAMU est sur place, l’hélicoptère tourne autour de ta tête … Et toi, tu espères ne pas sentir un corps sous tes doigts (au fond de l’eau, on ne voit rien, on cherche avec les mains). Je te rassure, l’histoire finit bien : l’enfant était simplement en train de jouer à l’autre bout de la plage, et n’avait pas fait attention aux appels micros …

Crédit photo (creative commons) : skeeze

Les gens sont généralement plutôt sympas avec toi, ou au pire indifférents. Certains viennent te parler, pour te faire passer un peu le temps. Et puis il y a ceux qui n’aiment pas les interdits, et qui n’aiment pas qu’on leur rappelle. Je me souviens d’une fois où j’étais descendue au bord de l’eau, pour rappeler à un groupe l’interdiction de jeter des cailloux. A peine avais-je le dos tourné qu’ils se sont mis à m’en jeter. Moi je ne m’en suis pas aperçue (j’avais le dos tourné si tu suis bien), mais j’ai vu mon collègue descendre d’un pas furieux sur la plage. Voilà voilà …

C’est un métier stressant, avec beaucoup de responsabilités, mais le plus souvent, tout se passe bien !

Alors, ça te plairait de travailler comme nageur sauveteur ? Tu l’as déjà fait ? Viens nous raconter !

Commentaires

4   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Parenthèses

Intéressant d’avoir le point de vue d’une professionnelle sur le sujet ! J’espère que tu ne seras jamais confrontée à un accident très grave (la frayeur qu’a du ressentir la maman de l’enfant égaré.. oO) !!

le 04/10/2019 à 15h13 | Répondre

Welna

J’ai toujours eu la crainte de devoir faire face à une situation vraiment grave … Je ne bosse plus en tant que nageur sauveteur, c’était seulement un job d’été d’étudiante pour moi !

le 04/10/2019 à 16h27 | Répondre

Colombine

Juste une information : la formation aux gestes de 1ers secours est désormais obligatoire et dispensée au sein des établissements scolaires. Dans de nombreux collèges, les élèves sont formés et peuvent passer le PSC1 (Prévention et Secours Civiques 1er niveau). Cela semble en effet indispensable !

En tout cas merci pour cet article très intéressant. C’est étrange je n’ai jamais pensé à aller parler aux mns sur la plage, j’ai toujours eu peur de déranger !

le 04/10/2019 à 21h50 | Répondre

Welna

Ah, je ne savais pas pour la formation PSC1, ce n’était pas le cas à mon époque 😉
Je pense en effet que les gens n’osent pas toujours parler aux MNS pour ne pas déranger, mais des fois ça fait plaisir, si ça ne dure pas trop longtemps ! Parce qu’une surveillance en solo toute une journée, ça peut vraiment être trèèèèès long …

le 07/10/2019 à 11h18 | Répondre

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