Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

L’aventure des cycles menstruels (et des hormones)


Publié le 26 mai 2015 par sweetday24

La puberté, un moment compliqué

J’ai 30 ans et depuis mes premières règles, à 11 ans (oui oui, c’est jeune), je n’ai jamais eu de cycle « tranquille ».

En effet, j’ai commencé par des hémorragies : chaque mois, je souffrais atrocement de douleurs jours et nuit, à se taper la tête contre les murs pour se soulager (véridique !). Sans compter les anémies à cause de tout ce sang que je perdais. J’étais obligée de me lever plusieurs fois la nuit pour changer ma serviette « super +++ », et j’ai eu de nombreuses fuites.

Ma mère m’a amené chez son gynécologue, qui m’a prescrit la pilule à 13 ans afin de calmer tout ça. Alors oui, c’est vrai, plus d’hémorragies. En revanche, j’avais toujours des douleurs, calmées uniquement par des anti-inflammatoires puissants. Le paracétamol ne me faisait rien du tout…

J’ai changé de pilule, car en plus de tout ça j’avais la chance d’avoir le visage couvert d’acné. J’ai pris celle qui a été blâmée il y a peu (une certaine Diane), et ce pendant 12 ans… et c’est utile de le préciser, sans aucun souci ! (Je faisais régulièrement des prises de sang qui étaient bonnes.)

La vingtaine, l’envie d’enfant et l’après-grossesse

J’ai donc vécu sous pilule, sans souci particulier, jusqu’à mes 27 ans. Mon chéri et moi avons décidé d’avoir un enfant. Je n’avais pas connu de cycle « naturel » depuis mes 13 ans ! Je me demandais bien ce que l’arrêt de la pilule allait faire chez moi.

J’étais même angoissée à l’idée d’être stérile. De façon irrationnelle, j’imaginais que le fait d’avoir bloqué l’ovulation si longtemps m’avait peut-être endommagé les ovaires, ou complètement déréglé. Tout ce qu’on pouvait lire sur internet me faisait encore plus peur : la pilule c’était le mal absolu, qui m’avait chimiquement pourri le corps pendant toutes ces années…

Ma gynécologue m’a conseillé d’attendre 3 mois entre l’arrêt de la pilule et le début des essais bébé, ce que j’ai fait. J’ai pu constater que j’avais des cycles très longs (jusqu’à 50 jours !), mais plus d’hémorragies (ma hantise), et des douleurs tout de même plus gérables. Mais je n’ai pas trop eu le temps d’observer tout cela : je suis tombée enceinte au premier essai ! De quoi contredire toutes mes pensées négatives sur ma pseudo-infertilité.

Bref, j’ai accouché d’un merveilleux petit garçon. Et puis au retour de couches, ma gynécologue me prescrit la même pilule qu’avant la grossesse. Et là, c’est le drame : j’ai des effets secondaires assez importants (nausées, douleurs dans le ventre et les seins…). Comme quoi, la grossesse nous change ! Du coup, je décide de l’arrêter et d’apprendre à apprivoiser mon cycle. C’est vrai quoi, finalement je n’ai eu que deux mois de cycle naturel depuis mon adolescence ! J’ai eu envie de me connaître mieux.

femme forêt peinture

Crédits photo (creative commons) : Martina Photography

L’observation de mon cycle naturel

Alors oui, arrêter la pilule supposait débuter une autre contraception, non-hormonale. Avec mon conjoint, nous avons choisi le préservatif, car c’est une méthode qui nous convient. J’aurais pu essayer le stérilet au cuivre, mais ma gynéco m’avait prévenu que celui-ci faisait saigner plus abondamment, et je n’avais pas envie de retrouver mes règles d’adolescentes.

Pendant 2 ans et demi, j’ai donc vécu au rythme de mes cycles. Et quels cycles !

  • Longs (environ 43 jours),
  • avec des règles douloureuses les 2 premiers jours,
  • et des syndromes prémenstruels TRÈS présents les 2 semaines avant les règles.

Pour moi, ça se traduisait par une humeur de chien, des douleurs dans le bas-ventre, une poussée d’acné, les seins douloureux, les cheveux un peu plus gras… Malgré tout, j’étais heureuse d’enfin comprendre mon fonctionnement.

Je suis très sensible aux variations hormonales, je les ressens facilement, au point que je peux « sentir » quand j’ovule : douleur au côté droit ou gauche (selon le mois), joli teint frais, et aussi une envie de faire des câlins (beaucoup plus que d’habitude). Malheureusement, cet état ne dure pas et je retombe inévitablement dans les syndromes pré-menstruels une semaine après…

J’étais d’autant plus étonnée de découvrir tout cela que j’avais une collègue qui elle, ne ressentait absolument rien de tout cela : aucunes douleurs, ses règles arrivaient toujours régulièrement à 28 jours…

Il faut savoir que pendant ce temps, je n’ai consulté aucun gynécologue (oui je sais, c’est mal). Je n’en avais pas envie, j’étais persuadée qu’on me jugerait… je ne sais pas pourquoi.

La trentaine et le retour à la contraception hormonale

Cette année 2015 est une grande année pour moi : je vais me marier avec le père de mon fils.

Petit à petit, je me suis imaginée le jour J, le visage et le dos couverts d’acné (exacerbée par le stress des dernières semaines de préparatifs), et peut-être même subissant les affreuses douleurs des premiers jours de règles… Et là, je me suis dit que je voulais reprendre la pilule, 6 mois avant le mariage, pour régler ces soucis et vivre tout pleinement. J’ai pu apprendre à connaître mon cycle pendant 2 ans et demi, désormais je veux retrouver le confort des règles prévisibles, d’une peau sans boutons, et aussi des syndromes prémenstruels atténués.

Je reprends la pilule depuis un mois. C’est une triphasique (avec 3 couleurs de comprimés et une semaine d’arrêt), conseillée par ma gynéco après exposition de mes soucis, qui doit supprimer l’acné. Effectivement, je vois les boutons commencer à s’en aller, ma peau va mieux. J’ai eu des règles correctes, avec des douleurs très supportables (et côté protection, rien de mieux que la coupe menstruelle ! Je te la conseille !).

Comme pour me narguer, mon corps m’a fait une petite blague : mes dernières règles avant la reprise de la pilule ont été sans douleurs ou presque, un flux léger, à 30 jours de cycle… Mais bon, pas de quoi m’arrêter dans ma quête de la tranquillité !

Le bilan et la suite

Je suis heureuse d’avoir pu observer mon cycle et apprendre à mieux connaître mon corps et mes variations hormonales. Côté câlins, cela demandait un peu d’organisation (difficile d’improviser quand on marche au préservatif…), mais ça a bien fonctionné.

Je suis d’avis que la pilule n’est pas du tout anodine et peut avoir des effets négatifs sur notre corps. Mais je pense aussi qu’elle peut considérablement améliorer la vie de certaines femmes. Comme moi à l’adolescence, puis aujourd’hui.

La contraception hormonale, je la choisis désormais en toute connaissance de cause, et en étant surveillée médicalement, pour m’aider dans mes choix de vie. Je n’ai plus envie de diaboliser un choix ou l’autre, tant que celui-ci nous convient et nous améliore le quotidien !

Je suis assez tentée par le stérilet. Plus tard, mais pas tout de suite : avec mon fiancé, nous voulons un autre enfant après le mariage, j’arrêterai donc la pilule dans 6 mois. Mais cette fois, je sais à quoi m’en tenir ! Et il n’est pas impensable que mon corps me réserve encore des surprises…

Et toi ? Tu as pris une contraception hormonale très rapidement après le début de tes règles ? Tu as des menstruations très douloureuses ? Tu as souhaité observer le fonctionnement de ton corps pendant une période ? Quelle est la contraception qui semble te convenir le mieux ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

7   Commentaires Laisser un commentaire ?

Virginie

ton article est très intéressant. Mon mari et moi avons décidé de débuter les essais bébé en 2016 mais, bizarrement, j’ai surtout hâte d’arrêter la pilule et de retrouver ce que j’ai fuit à l’adolescence : les sensations et les menstrues. Lorsque je lis ce type d’article, ça me donne plus envie mdr retrouver mon corps, ce qu’il exprime, ses envies, etc. en plus, quelque part et quoi qu’on en dise, j’ai l’impression d’être sous traitement depuis 15 ans, même si la pilule n’est pas censée être dangereuse, plus ça va, moins ça me paraît naturel.
Bon courage pour les préparatifs du mariage et faites le plein d’amour ce jour-là !

le 26/05/2015 à 08h16 | Répondre

Elodie Gimenez

Rohlala j’ai l’impression de lire mon histoire en lisant ton article : règles très douloureuses dès 11 ans (à vomir et devoir rester sous la couette, pliée en deux avec une bouillotte parce que même les anti-inflammatoires ne me faisaient rien…) mais heureusement courtes (4j), pas très abondantes, sur un cycle long (33j) et régulier. Pilule dès 14 ans (Diane aussi bien que pas de problèmes d’acné) pour ne plus manquer les cours tous les mois.
Aucun problème avec Diane pendant 5 ans puis des hémorragies en milieu de cycle qui m’épuisaient du coup changement de pilule, une fois, deux fois, trois fois… Rien n’y a fait et aucun problème physiologique particulier révélé aux examens.
A 25 ans je me suis séparé de l’homme avec lequel je vivais et j’ai du coup arrêté la pilule « pour voir » puisque je la prenais depuis 11 ans… Et comme toi j’ai appris à écouter mon cycle, beaucoup moins régulier qu’avant la pilule mais tellement enrichissant !! Je sais exactement quand j’ovule (mêmes symptômes que ceux que tu décris), je me sens comme wonder woman après mes règles, j’ai une grosse période de rangement compulsif 5 jours avant mes règles et je sais que ce sont des jours où je peux pleurer pour n’importe quoi… Mes règles sont douloureuses mais moins qu’avant la pilule et toujours de 4j et peu abondantes ! Le livre Lune Rouge de Miranda Grey m’a énormément aidé mieux comprendre mon cycle, c’est un vrai cadeau !!
Après 1 an et demi sans pilule, je me suis décidée à la reprendre après être tombée enceinte alors que je ne veux pas d’enfant (les procédures d’avortement en pleine période de Noël c’est loin d’être un cadeau…). Pour le moment je suis en période de jaugeage avec celle là, j’avais bien expliqué mes soucis au gynéco que j’ai consulté mais a priori ce n’est toujours pas ça…
Mais bon je pense que j’ai avant tout un gros travail d’acceptation de médication à faire, en terme de contraception on ne fait pas mieux pour le moment et depuis cette pause je ressens tout de même mon cycle malgré la pilule alors on verra bien…
Merci pour cet article en tout cas, ça fait du bien d’avoir des témoignages sur ce sujet !!

le 26/05/2015 à 12h14 | Répondre

MlleMora

Oui, tu as bien raison, il faut trouver la contraception qui convient à notre corps (et à notre tête aussi !).

le 26/05/2015 à 12h26 | Répondre

Miss Pop

Je ne prends plus la pilule depuis plusieurs années, pourtant je suis mariée et je ne prends aucune contraception si ce n’est le préservatif. J’en avais assez de vivre avec toutes ces hormones chimiques et je préfère vivre mon cycle de façon naturelle. Mes cycles sont très réguliers et sans douleur alors je pense continuer comme ça pendant longtemps! Le préservatif, ce n’est pas le plus pratique mais au moins ça me/nous va.

le 26/05/2015 à 14h23 | Répondre

sarah

J’ai pris la pilule assez jeune, en tout cas peu de temps après avoir eu mes premières règles et je me souviens que mes cycles étaient déja très long, plus de 50j. J’ai arrêté la pilule plusieurs fois pour quelques moi et à chaque fois mes cycles longs sont revenus et comme toi je ressentais exactement ce qui se passait dans mon corps. Depuis 6 mois je suis passé au stérilet en cuivre en me préparant psychologiquement pour des règles hémorragiques et plus régulière, pour finalement retrouver mes cycles d’antan peu abondant et qui durent 4 jours… pour moi le stérilet, c’est adopté 🙂 et je me dis qu’au moins si un jour on veut des enfants au moins j’aurais déjà retrouvé mon cycle (par contre le cycle long m’effraie un peu mais bon on y réfléchira le moment venu!)

le 26/05/2015 à 20h01 | Répondre

Léna (voir son site)

Oui, j’ai eu à peu près le même genre de parcours, c’est rigolo ^^
Et les préservatifs nous conviennent finalement pas trop mal.
Et comme toi, je suis devenue archi-fan de la coupe menstruelle (j’en ai même fait un site, c’est dire !), du coup, je crois que j’essaie de rester le plus neutre possible et à l’écoute de mon corps en prenant de l’âge…

le 26/05/2015 à 22h06 | Répondre

Christelle

Et bien moi je suis pour la pilule ! ^^
L’année dernière j’ai arrêté la pilule pour commencer les essais bébé avec mon mari, ça a duré 6 mois et franchement je n’ai pas du tout aimé cette période !! J’ai eu une peau d’adolescente alors que je n’ai jamais eu beaucoup d’acné, mes règles étaient plus abondantes et surtout, elles arrivaient sans prévenir puisque mes cycles se raccourcissaient de mois en mois sans que je sache vraiment quel jour elles seraient là. La seule chose de bien, c’est que je n’ai jamais eu mal au ventre avec ou sans pilule.
Aujourd’hui je suis divorcée et j’ai un nouvel amoureux avec qui je veux des enfants mais cette période d’arrêt de la pilule me stresse déjà avant même d’avoir commencé…. Je trouve que c’est bien plus confortable de pouvoir contrôler ses cycles même si évidemment cela reste chimique et assez controversé. Après l’essentiel, c’est que chacune se sente bien avec sa contracepetion.

le 27/05/2015 à 09h32 | Répondre

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