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Mon séjour en Côte d’Ivoire : récit d’une rencontre amoureuse


Publié le 19 septembre 2016 par Hibiscus

Dans mon premier article, je t’ai présenté mon premier séjour en Côte d’Ivoire, une vraie aventure, pleine de découvertes. Je terminais en te disant que j’étais tombée amoureuse !

Il est temps de te raconter cette histoire.

Rencontre amoureuse en Afrique

Crédits photo (creative commons) : Rafiq Sarlie

Ça fait tout juste une semaine que je suis arrivée à Abidjan, belle ville dense et très étendue, traversée par la lagune Ebriée et bordée par l’océan. L’ami à l’initiative de mon voyage, dont les parents ont fondé le collège-lycée où je dois aller en mission, n’est pas très disponible et ne peut pas m’emmener au village, retenu par des formalités administratives. Il m’a confiée toute la semaine à de jeunes bachelières occupées à fêter leurs diplômes tout neufs et à profiter du luxe d’être quelque peu oisives.

À la fin de cette première semaine très calme, n’ayant pas réussi à esquiver la demande insistante des jeunes filles de la maison, j’accepte de me faire tresser. Avec les longs rajouts qui m’arrivent au bas du dos et mes cheveux fins pas très coopérants, l’opération coiffure prend beaucoup de temps. Ajoute à cela une indigestion (la « peau » de bœuf, appelée « kplô », dans une sauce très pimentée, servie pour le déjeuner à 15h, a eu raison de mon estomac pourtant affamé !) et la chaleur étouffante du petit salon de coiffure, c’est le cocktail idéal pour tomber dans les pommes. Ce que je fais, tu t’en doutes, sans crier gare !

Après avoir inquiété tout le quartier malgré moi, et parée de mes splendides tresses, j’apprends que mes hôtesses sont invitées à un anniversaire dans un petit night club du quartier. Je tente par tous les moyens de décliner, prétextant que j’ai besoin de rester au calme, mais pour mes amies, il est inconcevable de me laisser seule à la maison. Le compromis est donc de rentrer rapidement.

C’est dans une quasi obscurité et une musique assourdissante que je m’installe, encore un peu chancelante, à côté d’un certain « Titi » – c’est comme ça qu’il se présente. J’apprendrai plus tard qu’il ne connaissait pas « l’anniversaireux », mais faisait office de chauffeur pour des amis communs.

Depuis mon arrivée sept jours plus tôt, je me suis déjà fait maintes fois abordée par des hommes, petits, grands, gros, maigres, jeunes, moins jeunes, vieux, mariés, plus libres, très libres, et j’en passe. Mais vois-tu, contrairement à tous ceux-là, Titi fait preuve d’une saine curiosité, et s’intéresse sans maladresse à ma présence en Côte d’Ivoire, qui lui semble plutôt incongrue. La conversation s’installe, et je prends plaisir à lui raconter ce qui m’a poussée à voyager.

Lui te dira que tout cela était totalement désintéressé, mais pour ne rien te cacher, chère lectrice (cher lecteur ?), il arrive même à me chuchoter à l’oreille un poème de Baudelaire (sans oublier de préciser habilement que le dernier paragraphe ne me concerne pas) :

À une passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit ! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, 1857.

Voilà comment la conversation s’achève, et après avoir échangé nos contacts, je rentre rapidement avec mes amies me reposer. Je crois me souvenir que je tarde néanmoins à m’endormir, charmée par cet inconnu dont le visage m’est tout juste révélé par mon appareil photo (merci le flash !).

Dès le lendemain, je prends la route du village, à une bonne cinquantaine de kilomètres d’Abidjan. Je ne suis pas sûre du tout de revoir « Titi », mais dès que je trouve un cybercafé opérationnel, je lui envoie un mail pour garder contact. Il me répond aussitôt. C’est le premier message d’une longue conversation via SMS et mails.

Des jeunes du village me proposent de m’accompagner à Abidjan un mois plus tard, à l’occasion de mon anniversaire. C’est sans compter la sage vigilance du « vieux », fondateur du lycée qui m’accueille. L’avant-veille du départ, il est hors de question que je quitte le village. Je laisse entendre à Titi que peut-être, il pourrait se joindre à la fête préparée en mon honneur, mais (comme par hasard il y a un « mais ») Titi est victime d’un accident, et sa voiture est hors d’usage…

Quelques semaines plus tard, de passage à Abidjan, alors que j’ai perdu tout espoir de revoir Titi, le taxi que j’occupe s’arrête en dessous de l’enseigne de sa société, que je reconnais grâce aux nombreux mails que nous avons échangés, qui portent le même logo. Je prends cette coïncidence comme un clin d’œil divin. Voilà l’occasion inespérée de nous revoir, et je me perds dans ses beaux yeux…

Comme tu peux l’imaginer, la suite du parcours est semée de péripéties plus ou moins incroyables, avec comme dénominateur commun des événements météorologiques, de la tempête de neige au volcan islandais : les éléments semblent se déchaîner contre notre histoire ! Mais nous faisons face vaillamment jusqu’à la veille de nos noces, où une tempête terrible arrache les branches pendant que pétaradent des grêlons de la taille d’une balle de ping-pong ! Ça nous vaut le nouveau dicton : « Veille de mariage apocalyptique, mariage fantastique ! »

Et toi ? Tu as rencontré l’amour complètement à l’improviste ? Le destin t’a fait des petits signes pour que tu saches que c’était le bon ? Lesquels ? Viens nous raconter !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

3   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Fleur (voir son site)

C’est une bien belle histoire que tu nous racontes. Et j’adore le dicton ?

le 19/09/2016 à 10h45 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Ooooh j aime beaucoup ce genre d histoires d amour improbables <3 !

le 19/09/2016 à 13h05 | Répondre

Flora

Quelle belle histoire ! Félicitations pour votre mariage fantastique 🙂

le 19/09/2016 à 13h22 | Répondre

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