Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Mon syndrome de l’imposteur


Publié le 22 novembre 2016 par Ars Maëlle

Ça t’est déjà arrivé de penser que tu n’avais pas mérité ta réussite ? De te dire que cette fois-là, tu as eu de la chance, et puis en plus, le chef t’aime bien, alors bon, ça ne compte pas vraiment… ? De considérer que, du coup, tu ne parviendras jamais à répéter ce succès, puisqu’il n’est pas lié à tes capacités réelles ? Et surtout, qu’il va falloir redoubler d’efforts pour que personne ne se rende compte que tu as volé ta réussite et les félicitations qui ont suivi ?

Si oui, si tu te reconnais dans ce genre de fonctionnement, tu es peut-être touchée par le syndrome de l’imposteur. J’ai envie d’en parler aujourd’hui parce qu’il est mal connu bien qu’assez fréquent, et parce que sa découverte m’a beaucoup aidée à changer de regard sur moi-même.

Je vais baser cette petite présentation sur mon expérience personnelle et sur l’ouvrage Traiter la dépréciation de soi. Le Syndrome de l’imposteur, de Kevin Chassangre et Stacey Callahan, sorti chez Dunod en 2015. C’est un bouquin destiné aux thérapeutes, mais il est très intéressant et assez accessible sur le fond (mais assez mal fichu et bourré de coquilles !).

Syndrome de l'imposteur

Crédits photo (creative commons) : Concord90

Syndrome de l’imposteur : de quoi on parle ?

D’abord, ce n’est pas vraiment une maladie ou un trouble, plutôt une manière de réagir qu’on peut expérimenter ponctuellement ou plus durablement dans sa vie.

En gros, il s’agit d’une difficulté marquée à s’approprier sa réussite, qui déclenche une chaîne de pensées dépréciatives et d’actions de protection :

  • Mes échecs sont de ma faute, mais mes réussites ont des causes externes (la chance, les relations, un travail acharné, de l’aide…).
  • Donc en acceptant les félicitations, je trompe mon entourage qui me surestime.
  • Comme je ne suis pas aussi compétent que les gens le pensent, je serai incapable de réitérer mon succès, et alors, je risque d’être démasqué.
  • Pour ne pas que ça arrive, je dois mettre en place une stratégie : soit travailler comme un malade pour réussir encore, soit tout faire pour baisser les attentes des autres, en les prévenant que je n’ai pas eu assez de temps, que c’est vraiment un premier jet, etc.

Les gens qui ont le syndrome de l’imposteur (on va l’appeler SI pour faire court) ont à la fois une faible estime d’eux-mêmes et une tendance à mettre la barre très (très) haut, donc on se doute bien que ça ne fait pas bon ménage.

Est-ce que je l’ai ?

Normalement, cette petite description aura déjà fait tilt chez toi si c’est le cas. Mais il existe une échelle habituellement utilisée pour l’évaluer, créée par la psychologue qui a pour la première fois décrit le problème. Elle est disponible ici dans sa version originale, et  dans une traduction personnelle sans prétention pour celles qui ont du mal avec l’anglais.

Les questions portent sur la tendance à vouloir très bien faire, à ne pas s’attribuer le mérite de ses réussites, à craindre d’échouer, à éviter les situations d’évaluation et à avoir peur d’être « démasqué ». Plus on se reconnaît dans ces exemples, plus on a des sentiments marqués d’imposture, et plus la vie peut être impactée négativement.

D’où ça vient ?

Apparemment, et là je tente de paraphraser les psys auteurs du bouquin sans trop les trahir, il s’agit d’un fonctionnement inadapté construit lors de l’apprentissage et du développement. On va construire des automatismes d’action et de pensée inadéquats face à la réussite parce qu’on est incapable de s’en attribuer le mérite.

Les attentes explicites ou implicites de la famille jouent beaucoup dans la construction du SI. Parmi les messages (parfois contradictoires) qui favorisent son apparition, on trouve les idées suivantes :

  • L’intelligence et la compétence se traduisent par le succès, surtout le succès sans effort. Parallèlement, les échecs sont des signes d’incompétence.
  • L’intelligence et la compétence sont le support de l’estime de soi. Elles sont figées, immuables, donc le bilan des succès et des échecs permet de juger à long terme de la valeur d’une personne.
  • Il ne faut pas se glorifier de ses succès, car ce sont les circonstances qui les favorisent, pas nos compétences.

Souvent, les personnes touchées par le SI viennent de familles qui valorisent beaucoup l’intelligence, avec des attentes élevées dans ce domaine, qu’elles soient dites ouvertement ou plus subtiles. Les compétences « atypiques » (sociales, artistiques…) peuvent être moins valorisées. Parfois, un autre enfant concentre tous les compliments. Il arrive aussi que les parents considèrent que l’enfant est parfait, alors que celui-ci ne se sent pas à la hauteur.

Dans tous ces cas, il y a un décalage dans les messages reçus (« Les profs me disent que je suis excellent dans les disciplines artistiques, mais mes parents trouvent ça secondaire et ne me félicitent pas beaucoup. » « J’ai de très bons résultats, mais c’est toujours ma sœur qu’on admire pour son intelligence. » « Papa et Maman pensent que je suis un génie, mais je sais bien que j’ai des lacunes. »), qui va perturber la construction de l’estime de soi et la capacité à s’approprier sa réussite.

Il faut ajouter à ça des contextes affectifs plus favorables à l’émergence du SI : respect et valorisation faibles des efforts et des sentiments de l’enfant, surprotection qui l’empêche d’avoir conscience et confiance dans ses compétences propres, parentalisation de l’enfant qui se retrouve à s’occuper de ses parents et sent bien qu’il n’en est pas capable…

Édit : suite aux commentaires, je voudrais combler un oubli en précisant que ces facteurs d’explications familiaux sont des prédispositions pour développer un SI, mais qu’il existe aussi des traits de personnalité propres (introversion, sensibilité accrue aux émotions négatives) et des environnements propices (faible collaboration, compétition exacerbée).

Avec quelles conséquences ?

Sur ce point, je vais être très prudente pour ne pas dire n’importe quoi. On peut observer des liens entre SI et vie psychique, mais le sens de la relation n’est pas forcément très clair (est-ce que le SI fragilise, ou est-ce que le SI vient de la fragilité ?).

Quoi qu’il en soit, les gens qui ont le syndrome de l’imposteur ont tendance à ressentir très fort les émotions négatives, à être anxieux, parfois dépressifs. On trouve aussi beaucoup d’envie et de jalousie, et parfois de l’agressivité (chez les hommes, très peu chez les femmes).

Du côté du comportement, les personnes vont mettre en place des stratégies inadaptées pour l’action. Comme on n’arrive pas à savoir pourquoi on a réussi puisqu’on ne peut pas croire que c’est grâce à ses compétences, des réflexes superstitieux se mettent en place : j’avais fait comme ça la dernière fois, donc si je refais pareil, ça marchera encore.

Typiquement, il y a deux tendances : la procrastination et la surpréparation. Quand on a peur de rater, on repousse jusqu’au dernier moment ou on bosse comme un fou (ou les deux), et ça devient une habitude (physiquement et moralement épuisante).

Ce que mettre un nom sur le problème a changé pour moi

Lorsque j’ai lu le livre, je me suis reconnue à chaque page. Peur de l’échec et de l’évaluation, perfectionnisme délirant, incapacité à capitaliser de la confiance malgré les réussites passées, famille qui nous laisse libres de nos choix mais en même temps offre un modèle implicite de valorisation de l’intelligence très marqué (tout le monde a fait de grandes études avec un concours), aîné qui rafle tous les éloges, procrastination de folie, sentiment que c’est parce que je suis gentille et polie que j’ai réussi, ou bien parce que la bonne personne m’a aidée…

Du coup, savoir que tout était relié en un phénomène connu m’a fait beaucoup de bien. Ensuite, en lisant les mécanismes, j’ai vu qu’il était possible de changer ma manière de penser.

Par exemple, sur la nature de l’intelligence. Le syndrome de l’imposteur est souvent associé à une vision figée de l’intelligence, qui permet de classer les gens et de juger si on est plus ou moins intelligent que quelqu’un. C’est comme ça que je voyais les choses, sans même imaginer qu’il y avait une autre approche. Mais en fait, on peut aussi voir l’intelligence comme quelque chose de dynamique, en construction permanente.

De la même manière, ça m’a aidée à changer mes objectifs. Quand on agit, on peut avoir pour but de réussir et de prouver aux autres qu’on est compétent, mais on peut aussi faire de son mieux et profiter de la tâche pour apprendre et s’améliorer.

J’ai aussi changé mon rapport à la procrastination. Je ne me mets pas forcément au travail beaucoup plus tôt, mais je suis moins crispée, je me fais plus confiance pour savoir quand il faudra vraiment que je m’y mette, et du coup, cette phase de maturation est moins épuisante.

Bien sûr, je n’ai pas changé du tout au tout : je suis toujours perfectionniste, j’ai toujours peur d’être prise en défaut, mais je relativise plus mes échecs (en incluant AUSSI les causes extérieures) et je conçois de la fierté pour mes réussites (en incluant AUSSI les causes intérieures, à savoir mes propres compétences).

Je suis également devenue beaucoup moins envieuse : je ne pense plus que si quelqu’un réussit là où j’ai échoué, c’est parce qu’il est plus intelligent – d’une part je me dis que c’est plutôt parce qu’il a su répondre mieux que moi à la situation dans sa globalité, et d’autre part je m’interdis de penser que quelqu’un est plus ou moins intelligent dans l’absolu et que cet aspect détermine sa valeur.

Voilà, si tu t’es sentie concernée par le syndrome de l’imposteur, j’espère que cet article t’aura éclairée et qu’il pourra t’aider à te débarrasser des mauvais côtés en gardant les bons – parce qu’être consciencieux, travailleur et avoir envie de réussir, ça reste des qualités !

Et toi, tu penses être victime du syndrome de l’imposteur ? Comment se manifeste-t-il ? Arrives-tu à travailler sur toi pour qu’il ne te gâche pas trop la vie ? Viens en discuter…

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

27   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Fleur (voir son site)

J’en avais aussi parlé sur mon blog et donc je me retrouve beaucoup dans les symptômes du SI. Par contre, je ne me retrouve pas du tout dans les causes.
La cause me concernant n’est pas familiale mais plutôt liée à ma manière de réfléchir et mon hypersensibilité.
Merci en tous les cas de venir en parler car on est effectivement très nombreux mais on en parle pas assez.

le 22/11/2016 à 08h43 | Répondre

sarah

merci pour cet article qui résume bien, je trouve le SI. Quand j’ai commencé a travaillé j’étais complètement dans ce schéma: j’avais eu mon CDI car un fille partait au même moment donc c’était purement de la chance… puis quand j’ai retrouvé un autre CDI c’était aussi de la chance car il leur fallait quelqu’un de dispo rapidement… mais depuis j’ai pu montrer ce que je vaux réellement et j’ai été complimentée sur mes actions donc ca a apporté du crédit à mon travail et par conséquent le SI n’a plus lieu d’être. Pour ma part la cause est très lié à un manque de confiance en moi, ce qui s’acquiert aussi avec l’expérience dans un boulot.

le 22/11/2016 à 09h19 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

C’est chouette que tu aies réussi à construire de la confiance grâce à l’expérience et aux retours positifs. Apprendre à recevoir des compliments n’est pas si facile, mais la vie prend une autre perspective, moins angoissée, dans ces cas-là. De mon côté, j’en suis à l’étape où je reçois le positif, qui me rassure temporairement, mais le bénéfice s’estompe en quelques heures/jours du coup il faut à nouveau chercher à faire mes preuves… mais je sens que ça s’améliore petit à petit.

le 22/11/2016 à 09h48 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

C’est drôle, parce que lorsque j’ai écrit cet article, j’étais en pleine phase de connexion : face à toutes les difficultés rencontrées (SI, fragilité émotionnelle, tendance à la dépression, et parcours familial), l’histoire de la douance (que j’avais tant repoussée pour ne pas « pécher par orgueil ») semblait bel et bien donner une explication à la majorité de ces problèmes. Je n’en ai pas parlé ici parce que le lien n’est pas clairement explicité par les chercheurs contemporains, mais Clance, qui a découvert/inventé le SI dans les années 1970, avait largement mis en avant le haut potentiel comme facteur corrélé. Sur ce sujet – un peu à côté du sujet de l’article, désolée si ça ne se fait pas – j’ai découvert le terme APIE, qui me plaît bien pour éviter le côté « supérieur ». Je m’en vais mettre un commentaire sur ton article pour ne pas hacker plus SNT 😉

le 22/11/2016 à 09h22 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

Ceci était bien sûr une réponse à Fleur, mais apparemment le matin je peine à viser le bon bouton

le 22/11/2016 à 09h23 | Répondre

Madame D

ça doit être dur a vivre. Et ce que j’en retiens c’est de faire très attention a l’éducation que je vais donner a mes enfants.
En école d’ingé on a fait un test psy (je ne sais plus lequel) mais je me souviens qu’il en était sorti que mes parents avait « parfaitement » réussi leurs éducations. Et j’en étais très fière. Et malgré quelques différence j’essaye de reproduire leur schéma.

le 22/11/2016 à 09h34 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

Oh, j’espère que mon billet ne va pas trop culpabiliser les parents, je pense qu’il y a aussi des terrains plus propices que d’autres à l’émergence du SI.
Du coup, pour l’équilibre dans l’éducation, je serais vraiment très intéressée par ton retour sur ton histoire, d’abord parce que ça fait du bien de savoir que ça existe, quelqu’un qui va bien et qui n’a pas récupéré trop de casseroles (je suis très sincère, j’ai tendance à tout voir en gris foncé et ça me réjouit de savoir qu’il n’y a pas que cette couleur sur la palette), et ensuite parce qu’il y aura sans doute des idées à piocher 🙂 !

le 22/11/2016 à 09h53 | Répondre

Louna (voir son site)

Je plussoie la demande d’Ars Maëlle, Madame D ! Si tu venais nous raconter ce que tu retiens de l’éducation de tes parents et que tu essaies de transmettre à ton tour ? 🙂

le 22/11/2016 à 15h35 | Répondre

Anna Breizh

Cela me parle beaucoup, perfectionnisme, mettre la barre très haut, toujours en faire plus. Mais je ne me retrouve pas du tout dans les causes. Pour moi c’est plus un manque de confiance en moi dû à divers circonstances qui se sont enchainées sans pouvoir les arrêter et à une très grande sensiblité.
Mais je suis contente de savoir qu’il y a un terme pour l’expliquer.

le 22/11/2016 à 09h51 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

Aie aie aie, je m’en veux maintenant d’avoir écrit l’article comme cela, les facteurs familiaux sont des facteurs de prédisposition, que j’ai trop mis en avant parce qu’ils me parlent beaucoup, mais il y aussi d’autres traits que je n’ai pas parlé, comme une base de personnalité introvertie et une tendance à ressentir très fort les émotions négatives, ainsi qu’un environnement compétitif par exemple
En tout cas, j’espère que la découverte du principe s’accompagnera pour toi comme ça l’a été pour moi d’un enraiement de la machine à dépréciation : quand je sens que la pensée automatique de dépréciation arrive, j’essaie de lui dire « je te vois, je te reconnais et je ne te laisserai pas passer ». Ça ne fonctionne pas à 100%, mais ça allège le poids… Bon courage !

le 22/11/2016 à 10h10 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

« DONT je n’ai pas parlé », et c’était une réponse à Anna Breizh. On dirait que mon perfectionnisme ne fonctionne plus qu’a posteriori aujourd’hui, désolée 🙁

le 22/11/2016 à 10h14 | Répondre

Nana

Je me reconnais tellement dans cet article ! Mon SI est directement corrélé à ma douance et à mon déficit de l’attention… Résultat je procrastine jusqu’à ne plus avoir le choix, puis je me concentre sur mon sujet parce que j’ai une pression de malade, et au final, j’arrive à rendre un livrable qui me vaut des multiples félicitations. Avant le diagnostic de ma douance, c’était très difficile à vivre, j’avais l’impression de tromper les gens, que je me moquais d’eux, et je cherchais, comme le dit si bien l’article, des causes externes à ma réussite. Depuis mon diagnostic, c’est beaucoup plus simple : je profite des compliments, je ne suis pas responsable de la manière dont les gens jugent mon travail. Je me concentre sur le contenu des compliments (ou des critiques, faut pas croire, ça arrive aussi !), je profite et mets de côté les reproches non-constructifs. Et ça va mieux ! Mais j’ai toujours ce dégoût de moi-même lorsque je n’arrive pas à travailler plus de deux heures dans la journée… Il y a encore du chemin !
« Bah, de quoi tu te plains si tu as eu des félicitations sur ton travail !!??? » voilà le genre de remarques que l’on reçoit si on raconte ce syndrome à des personnes qui n’en sont pas touchées…
Merci Ars Maëlle pour cet article qui décrit si bien se syndrome qui (comme la douance) peut paraître être des « faux problèmes » pour les gens qui ne les vivent pas mais qui sont de vrais obstacles pour qui doit les apprivoiser au quotidien.

le 22/11/2016 à 10h55 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

Merci pour ton commentaire, qui me rassure parce que la publication du billet est en train de me générer des effets de SI (ironie quand tu nous tiens !) : des auto-reproches complètement disproportionnés concernant la partie sur les causes/prédispositions (sur le fait d’avoir fait une erreur et sur l’hybris d’avoir pris un parti d’écriture généralisateur plutôt que personnel), la crainte que la confiance que j’avais établie avec mes lectrices soit brisée par ce petit raté, la peur de mettre sur le tapis la question de la douance parce que, le diagnostic n’étant pas officiellement posé pour moi, j’ai peur qu’on m’accuse d’être une usurpatrice ou de vantardise alors que je n’ai pas le droit d’accepter les compliments sur ma valeur…
Je raconte ce petit épisode personnel (qui, de fait, m’occupe tellement la tête qu’il parasite ma productivité ce matin), parce qu’il me paraît bien illustrer ce que tu dis du faux problème qui est en fait un vrai souci : malaise, mal-être, angoisse, et temps perdu.
Je suis contente que mettre des noms sur ton vécu t’ait permis d’être plus sereine. En ce moment je pense de plus en plus à creuser cette question de douance, surtout dans la perspective d’accompagner mes futurs enfants (mes neveux zèbres ont besoin d’un suivi, j’aimerais être prête si nos enfants le sont aussi)
Bon courage pour la suite de ton cheminement

le 22/11/2016 à 11h24 | Répondre

Madame D

Je te rassure, ton billet ne culpabilise en rien les parents. On le sait déjà que la façon d’éduquer nos enfants ont un énorme impact sur leurs futurs. On a pas mal de témoignage en ce sens entre les 3 blogs. Je soulignais juste que ce dont tu parles, en partie grâce a l’éducation de mes parents, je pense y échapper (en partie hein, je me doute que c’est loin d’être le seul facteur). Et quand je lis ce que tu écrit ça a l’air assez dur a vivre et je me dit que c’est mon devoir en tant que mère pour au moins faire en sorte que si mes enfants souffrent ce dont tu parle, je n’en soit pas responsable. Avec mon mari, on essaye de toujours lui montrer qu’on est fière d’elle même si elle ne réussi pas toujours ce qu’elle fait. Et je trouve ça encore plus important lorsqu’elle ramènera des résultats scolaire. Pour te donner un exemple, avec ma sœur on a toujours été très moyenne a l’école. Clairement parce qu’on ne produisait que le minimum. J’ai toujours été la reine de la procrastination (faire les dissert la nuit, réviser 2 ans de BTS la vieille …). J’ai toujours eu mes exams limite mais tant pis. Bien sur je me faisait gronder mais jamais rabaisser. Même au vue de nos résultats plus que moyens, ça n’a pas empêcher ma sœur de reprendre ses études a 25 ans pour faire médecine. Et elle s’en sort super bien !
Enfin juste pour dire que j’ai conscience que, les parents et l’entourage direct ont la capacité d’atténuer ou d’augmenter ce SI chez une personne.
En tout cas bon courage a toi !

le 22/11/2016 à 11h35 | Répondre

Nana

Je ne peux que te conseiller de poser un diagnostic. D’une part, parce que cela procure un soulagement incroyable de comprendre pourquoi tu as pu te sentir parfois en décalage avec tant de gens et tant de faits. En fait, je pense qu’il ne faut jamais perdre une occasion d’en savoir plus sur soi-même.
J’ai une opinion personnelle sur l’accompagnement des enfants, mais je ne développerais pas ici parce que c’est pas le sujet, après-tout.
Je finirais quand même sur une chose : ce n’estpas faire preuve de péché d’orgueil que de se poser des questions sur sa douance : tu n’y peux rien, elle est là ou pas. Pour moi, on n’a pas de légitimité à être fier de quelque chose dont on ne peut rien. Tu pourras être fières (et donc développer de l’orgueil) de ce que tu en feras, si tu en es^^. A partir du moment où tu te débarrassera de cette culpabilité, les choses seront plus simples.
Quand au contenu de ton article, on n’est pas dans psychologie magazine non plus, faut pas déconner^^. le principe du blog est de traiter de sujet divers au travers d’un vécu personnel. Ce n’est pas très grave de ne pas traiter un sujet dans son intégralité, tu n’es pas journaliste !
A toi aussi, je te souhaite un bon cheminement, et j’ai hâte de te retrouver dans de prochains articles !

le 22/11/2016 à 12h34 | Répondre

Tamia (voir son site)

Je me retrouve beaucoup dans tes mots… Par contre, j’ai l’impression que les causes sont différentes… Plutôt une hypersensibilité, et un grand manque de confiance en moi.
Il y a des périodes où ce trait ressort plus qu’à d’autres, mais je travaille dessus pour éviter que cela ne ressurgisse trop et éviter les situations délicates…

le 22/11/2016 à 12h05 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

Finalement, on voit que l’hypersensibilité et le manque de confiance sont des facteurs très fréquents (que je partage aussi, mais que j’attribue pour partie à ma personnalité propre mais aussi à l’environnement dans lequel je me suis construite, qui ne m’a pas aidée à développer la confiance)
C’est bien si tu arrives à avancer sur le sujet, bonne continuation sur le chemin de la confiance alors !

le 23/11/2016 à 09h45 | Répondre

Miss Chat

Oh… Heu… Je connaissais un peu le SI pour avoir lu dessus ici et là (notamment l’article de Madame Fleur sur le sujet) mais je n’ai jamais eu l’impression d’être concernée parce que « je ne suis pas vraiment quelqu’un qui a du succès donc forcément il n’y a pas de syndrome à avoir ». Puis je lis ton article et… ah ben si, en fait. Des causes aux conséquences et à l’impact que cela peut avoir au quotidien : c’est presque à 100% moi.
Je parviens à faire 5 recrutements en un mois ? « Oui mais c’était des rôles faciles et en plus, il y a eu plein de candidats ! »
Je boucle un projet avec ma boss ? « Oui mais justement, c’est ma boss la vraie responsable ! »
Et ça marche pour le cercle privé : notre fille est sociable et agréable ? « Oui mais c’est son père qui a un super caractère et une bonne influence sur elle ! »
Je blâme surtout mes parents et leur façon très sélective de reconnaître le succès et les compétences…

le 22/11/2016 à 14h27 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

Comme tu le dis, l’enjeu n’est pas l’ampleur de la réussite (même si je ne doute pas que tu réussisse mieux que ce que tu nous dit, SI oblige 😉 ) mais la capacité à être lucide dans la perception de ce succès.
J’imagine que comme moi, tu essaieras d’avoir avec tes enfants une approche plus valorisante pour les aider à se construire confiants et capable d’accepter l’échec comme la réussite.

le 23/11/2016 à 09h53 | Répondre

Cécile

Merci d’avoir mit un mot sur ce que je suis ! Je me suis reconnue dans chaque phrase. Et je vais pouvoir le partager avec deux de mes frères qui sont dans le même cas…

le 22/11/2016 à 14h43 | Répondre

Louna (voir son site)

Merci pour ce très bon article, Ars Maëlle. J’en ai un intitulé pareil, dans mes brouillons, mais, ironie de l’histoire…. je ne sentais pas assez légitime pour le publier !!

Bref, comme tu l’imagines, je me retrouve entièrement dans ta description, et même si j’ai commencé à le réaliser il y a quelques années, sans forcément mettre un nom dessus, je n’ai pas eu l’impression que cette prise de conscience a changé grand chose pour moi.
Je pense souffrir d’un syndrome de l’imposteur assez léger, et assez spécifique, lié surtout à mon travail (en même temps, étant donné ma branche, j’en côtoie des gens doués, et on me demande tous les jours de me surpasser, donc forcément, ça n’aide pas….!).
Du coup, chez moi, ce sentiment ressemble plutôt à une toile de fond, et même s’il m’a accompagnée tout au long de ma scolarité, il reste contrôlable la plupart du temps.

Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie (parce que comme ça a été dit au-dessus, on ne demande pas aux chroniqueuses d’être des journalistes aguerris non plus, hein !), je ne me reconnais pas non plus dans les causes que tu évoques, mais plutôt dans celles mises en avant par les copines : une très (trop) grande sensibilité, une personnalité propice et une histoire personnelle menant à cet état.

Bref, j’ai peur de transmettre ce défaut à mes enfants, bien entendu (ça me fait penser qu’il y a un fameux article qu’il faut que j’aille commenter rapidement par chez toi ! 😉 ), et j’espère que leur papa m’aidera à les en protéger. Mais, heureusement, j’ai bien plus confiance en eux qu’en moi ! 🙂

le 22/11/2016 à 15h48 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

Je comprends bien la difficulté à côtoyer des gens brillants tout le temps. Je me souviens, quand je suis arrivée en prépa, de m’être dit : oulala, mais je n’ai pas ma place ici, ils ont dû me faire une fleur lors de la sélection, ils vont se rendre compte que ça ne va pas… De mon côté, il y a aussi une dimension familiale sur cet aspect, car mes parents et mon grand frère sont très brillants et qu’il avait même fallu instaurer la règle « pas de maths à table » avant les 10 ans de mon aîné !
Du coup, je me rends compte que si j’ai peu parlé d’hypersensibilité et de manque de confiance, c’est parce que dans mon cas c’est très corrélé, et que j’impute (peut-être trop) ma fragilité à un contexte de développement peu sécurisant émotionnellement.
J’aime bien l’idée de faire confiance aux enfants, sans se déresponsabiliser ça permet d’espérer 🙂

le 23/11/2016 à 10h12 | Répondre

Flora (voir son site)

Je me reconnais un peu dans ton article et très fort dans le commentaire de Nana sur les difficultés de concentration et la procrastination. Mais je dois avoir une forme légère comme Louna parce que j’ai quand même confiance en moi, et je ne souffre pas vraiment de tout ça. Oui je me sens moins intelligente que mes collègues des fois, oui je trouve que souvent ma réussite n’est pas méritée (et à l’école c’était pire) mais dans mon cas ce n’est pas bien grave et ça permet de garder les pieds sur terre. Est ce vraiment une mauvaise chose ?

le 22/11/2016 à 20h27 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

C’est vrai que les problèmes qu’on identifie ont souvent un bon côté, comme l’humilité ou l’envie de bien faire. Tant que ça ne rend pas dysfonctionnel, ça représente même des qualités (que j’espère conserver une fois que je me serai débarrassée de l’aspect dysfonctionnel 😉 )

le 23/11/2016 à 10h27 | Répondre

Nya (voir son site)

Comme tout le monde… moi aussi ! Je n’ai pas forcément analysé les raisons de mon syndrome de l’imposteur, je travaille surtout à reconnaître mes mérites professionnels. Si au bout de dix ans, mes clients reviennent toujours, c’est que je fais du bon travail, non ? J’ai un gros gros déficit d’attention, et comme seul le stress me permet de me motiver, cela mène à des situations compliquées.
Comme tu le dis très bien, le problème vient sans doute aussi d’attentes disproportionnées : les clients (ou la hiérarchie) place peut-être la barre à 20, mais si nous plaçons la barre à 50, et n’avons l’impressions que de fournir 35, disons, on a l’impression de ne pas donner le meilleur de nous-mêmes. Alors qu’en fait, cela convient parfaitement aux personnes à qui nous rendons des comptes.
C’est une chose de se rendre compte qu’on a le syndrome de l’imposteur, et une autre de s’en débarrasser…

le 23/11/2016 à 16h37 | Répondre

Maud R.

Je n’aurais jamais pensé qu’un nom pouvait exister pour ce que je ressens !
Je mets ça sur le compte de mon gros manque de confiance en moi qui, selon moi, date de mes années de collège où j’étais malmenée par mes camarades pendant 5 ans… et ça a laissé des traces.
Tout comme toi, les bonnes choses qui m’arrivent ne sont jamais grâce à moi (je répétais souvent à mon mari que je ne le méritais pas, mon CDI parce que la personne que je remplaçais est décédée…) et à l’inverse s’il y a des choses qui vont mal pour les autres c’est forcément de ma faute.
Mon mari m’a beaucoup aidé pour prendre confiance en moi mais j’ai encore beaucoup de mal à profiter à fond de ma vie et ne plus m’excuser de faire des choses qui me plaisent (comme chanter ou changer de travail parce que je ne me sens pas compétente)…
Merci pour cet article qui me fait prendre conscience que je suis loin d’être la seule dans ce cas et bon courage pour poursuivre tes efforts pour aller mieux !

le 29/11/2016 à 06h51 | Répondre

Magali

Merci pour cet article…

J’avais fait il y a quelques mois le test pour évaluer ce syndrome chez moi et le résultat était relativement élevé…

Je me retrouve surtout dans le fait d’être perfectionniste et procrastinatrice… Plutôt que de faire quelque chose de « moyen », je préfère ne rien faire du tout et je me donne des excuses débiles qui ne font pas illusion (même à mes propres yeux)… ce qui augmente mon stress et au final je suis obligée de travailler comme une acharnée parce que j’ai tellement repoussé que je suis dos au mur… Et cela engendre encore du stress….

Pour ma part, je n’ai pas de déficit de l’attention, j’ai plutôt une facilité à me concentrer longtemps et pleinement. En revanche, je me comporte souvent comme une enfant, j’ai besoin de félicitations lorsque j’accomplis bien mon travail, voire, de marques « d’admiration », et je repousse indéfiniment certaines tâches pour la simple raison qu’elles n’apportent pas de satisfaction immédiate…. De ce point de vue là, j’ai souvent l’impression de me comporter comme un animal et non comme un être humain !

Bref, syndrome de l’imposteur oui mais avec paresse et nonchalance en ce qui concerne les tâches pénibles, grande exigence vis à vis de mon propre travail (ainsi que dans mes relations) et fort besoin d’être complimenté et récompensé… bref, une gamine !

le 29/11/2016 à 20h58 | Répondre

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