Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Comment je me suis lancée dans une aventure pour me remettre du décès de mon père


Publié le 3 novembre 2014 par Naya Piri Nala

Il m’a été donné de rencontrer pas mal de personnes atteintes d’un cancer.

Quand on a un proche touché, quelque soit l’âge, quelque soit la période de notre vie, on est jeté là-dedans, comme on jetait à l’époque les condamnés au cachot. On se retrouve dans un une tourmente sans précédent, où la seule chose à faire et de garder la tête hors de l’eau pour respirer.

Cette foutue maladie est un terrible mal. Souvent, je me suis demandée pourquoi à la télévions tous ces spots publicitaires, toutes ces émissions, tous ces messages de stars, n’étaient si souvent réservés qu’au SIDA.

Le SIDA, il y a des moyens de l’éviter, en se protégeant. Le cancer, on ne peut pas. Il est là, pas loin, il s’insinue sournoisement, et souvent, il est difficile de s’en débarrasser. On a tous un proche qui l’a, qui l’a eu, qui s’en sort, qui rechute… Et qui en définitive souffre énormément, et ne peut en vouloir à personne, parce que la cancer touche les gentils comme les méchants, les enfants comme les parents, les sportifs comme les casaniers, les travailleurs comme les chômeurs, les homos comme les hétéros, ton voisin que tu adores comme ton boss que tu détestes.

On a beau te dire « manges pas ça c’est cancérigène », « fais du sport ça te préservera », fais comme ci, fais comme ça… Une chose est sûre, c’est qu’il n’y a pas de règle, pas de notice où se trouveraient toutes les contres-indications, rien. Tu l’as ou tu l’as pas. Et puis avec ça, tu avances dans la vie.

ballon coeur perte proche cancer

Crédits photo (creative commons) : half alive - soo zzzz

J’ai perdu une personne très proche d’un cancer du poumon. J’ai vécu ça comme un traumatisme. J’ai été dans cette tourmente des proches du malade. Mon père avait encore de belles années à vivre, j’avais beaucoup de choses à lui prouver, on avait encore beaucoup de choses à partager.

Il m’a fallu trois ans pour transformer cette rage et cette peine en moteur de vie. Il m’a fallu trois ans pour pouvoir passer devant l’hôpital où il est parti sans pleurer, sans angoisse. Traverser les lieux où on avait une histoire tous les deux. Et tout ça, toute seule. Parce personne ne m’a jamais demandé si j’allais bien.

Trois ans… trois ans pour me dire que maintenant, il fallait se battre pour les autres. Pour ceux qui sont dans la tourmente et à qui on ne demande pas comment ils vont.

Alors, oui, même après trois ans, je n’ai pas la force de faire du bénévolat auprès des malades. Pour moi, c’est encore très difficile. La blessure n’a pas encore cicatrisé.

Mais pour cette troisième année, j’ai décidé de faire quelque chose à la hauteur de mes moyens, de m’en sortir, et de faire quelque chose pour que le décès de mon père ne pas serve à rien. J’ai décidé de me lancer dans cette fabuleuse aventure du Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc 2015, et de soutenir une association qui me tenait à cœur, afin de soutenir concrètement des personnes.

Une fois ce projet lancé, j’ai rencontré une personne merveilleuse… avec les peu de moyens que j’ai, j’ai décidé de lui donner une visibilité, afin que son combat soit mis au jour. Qu’elle continue sur sa route de l’optimisme, et que l’avenir vienne à elle plus ensoleillé. C’est une personne exceptionnelle et je sais qu’en la médiatisant, elle peut donner à certains malades, certaines familles de malade, l’espoir parfois, la force peut être.

Ces valeurs sont celles de l’association avec qui nous partageons cette aventure, Tribu Cancer, qui accompagne à distance les personnes atteintes d’un cancer, ainsi que leur proches.

L’aventure n’est pas une simple aventure entre copines de 14 jours dans le désert, à faire de la mécanique. Nous avons choisit cette aventure car elle rapproche des vraies valeurs. Elle nous rappelle que la solidarité et le courage existe chez beaucoup de personnes, et que ces vraies valeurs se partagent réellement.

Elle nous donne une nouvelle impulsion pour nous projeter dans l’avenir et essayez de repartir d’un bon pied.

Alors oui, cela semble peut-être égoïste à certains, mais je crois fermement que pour guérir les autres, il faut aussi se guérir soi-même. Et lorsqu’un projet et si profondément ancré en soi, que ce soit 2015, 2016 ou 2020, je crois fermement qu’avec ma coéquipière, nous y arriverons, et nous aurons partagé quelque chose de si formidable que nous en reviendrons changées, et prêtes à agir encore et toujours pour ceux qui sont dans le besoin.

Et toi, tu as ressenti le besoin de te lancer dans une grande aventure suite à la perte d’un proche ? Qu’as-tu choisis de faire ? Viens en parler…

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

2   Commentaires Laisser un commentaire ?

Nya (voir son site)

Très belle aventure. J’imagine que les plaies d’une telle blessure ne se referment pas, pas au bout de trois ans, ni de dix, mais tu as su transformer ta douleur en quelque chose de positif. J’espère que ce rallye t’apportera beaucoup et qu’il te permettra, peut-être, de transcender ta perte. Bonne chance !

le 04/11/2014 à 00h13 | Répondre

Marylin (voir son site)

Oui, ce genre de blessure met son temps à guérir.
Enfin, je ne sais pas si on guérit plus qu’on apprend à vivre avec en fait…
Bonne chance pour ce rallye, ça a l’air d’être une chouette aventure en tout cas.
PS : j’avais trouvé cette vidéo extrêmement touchante, réalisée avec des malades du cancer http://belleblonde.net/insouciant-ne-serait-ce-quune-seconde/
Franchement, elle me met les poils à chaque fois…

le 04/11/2014 à 18h39 | Répondre

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