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Après un coup de cœur immobilier vers Cambridge, la galère des cuisinistes !


Publié le 8 juillet 2015 par Muscadine

Voici la suite de mes recherches de maison idéale, ou presque !

Nous avons préparé une liste de choses à revoir ou à refaire pour que nous puissions considérer acheter la maison que nous avons repérée, et l’agent immobilier a promis d’en parler au constructeur.

Le surlendemain, férié, nous nous rendons chez des cuisinistes. Nous voulons avoir une idée du budget d’une cuisine toute neuve pour cette maison qui nous tente beaucoup.

Il y a quelques mois de ça (euh, en fait juste après notre mariage), les parents de Chéri ont repéré en Angleterre des meubles de cuisine aux angles arrondis. Ils ne les ont pas encore achetés, mais c’est prévu. On a vu les meubles en question. Et wahou, l’ensemble est beau ! C’est doux à l’œil, et il y a un avantage pratique non négligeable : ça évite de se faire des bleus dans les angles (oui, ça sent le vécu). Et les poignées ergonomiques évitent de déchirer les poches de son pantalon (du vécu, je te dis) !

Cuisine déco

Crédits photo (creative commons) : suzy spence

Plusieurs marchands les proposent. Nous en visitons deux.

On explique au premier qu’on ne veut pas de plaque de cuisson sur l’îlot central (parce que les hottes sans extraction extérieure ne nous conviennent pas). Du coup, il propose la plaque de cuisson dans un angle, puisque la législation anglaise interdit de placer une plaque de cuisson au gaz près d’une fenêtre. Mais la solution du cuisiniste n’est pas très convaincante…

Le deuxième cuisiniste est franco-allemand, et nous avons été étonnés qu’il soit présent en Angleterre. Chéri a pris rendez-vous chez ce deuxième cuisiniste par téléphone. Ce dernier lui a dit que ses cuisines étaient dans les « fifteen thousands » (£15000). Bon, ce n’est pas donné, mais ça pourrait encore rentrer dans notre budget. Ce n’est pas tous les jours qu’on s’offre une cuisine ! Je dois vous avouer que nous sommes très enthousiastes à l’idée d’aller là-bas : sur le site internet, les couleurs de ce cuisiniste sortent des couleurs basiques (blanc, noir, gris) offertes par les autres.

Le « designer » nous reçoit avec thé et café. Il nous fait un petit topo sur l’entreprise, et nous explique pour quelles raisons les cuisines X sont mieux que toutes les autres cuisines : plus de rangements, des mécanismes d’intérieur garantis à vie, une grande épaisseur pour les planches internes des caissons, etc.

Nous commençons à choisir les couleurs des portes (bleu turquoise), des caissons (bois clair), puis même des poignées et du plan de travail (blanc avec de petites incrustations brillantes discrètes).

Il nous demande quelles sont nos habitudes dans la cuisine (en gros, si on réchauffe des plats préparés, ou si on prépare amoureusement des petits plats). J’ai obtenu un diplôme de pâtisserie il y a quelques années, il me propose donc un four à vapeur (?!), et Chéri sourit en acceptant la proposition inattendue d’une petite cave à vin. « Euh, ça coûte super cher, tout ça ! » me dit ma voix intérieure.

Vient le moment où on lui montre la disposition de notre hypothétique future cuisine. « Eh bien, je pense qu’on va atteindre les £45000 ! » Un ange passe. Chéri et moi demandons à répéter le budget. On n’a pas dû bien entendre… Mais en fait si, on a bien entendu. Sacrée douche froide. Chéri indique qu’il a entendu « fifteen » (15) au téléphone, tandis qu’en réalité, il aurait dû comprendre « fifty » (50). Oooooups.

On est sortis confus d’avoir gâché le temps du designer (qui n’a pas mis longtemps pour nous faire comprendre qu’on n’était pas du même monde et que les cuisinistes qu’il avait dénigrés trente minutes auparavant nous iraient très bien… grrr !) et dégoûtés, parce que tout ce qu’on avait vu nous avait bien plu. Quelle surprise !

Chéri s’en veut de nous avoir emmenés ici. Mais je le rassure. Une cuisine, même de super bonne qualité, n’a pas besoin d’être aussi chère. Je sais que cette société se fait une marge de bénéfice phénoménale. Et tant mieux pour l’économie s’il y a des gens qui sont prêts à dépenser autant pour une cuisine. Chéri est triste, pour moi c’est presque drôle. La cuisine, on pourra en trouver une autre ailleurs.

Ce week-end s’achève donc sur une déception… pas grave ! Chéri contacte un dernier cuisiniste, cette fois proche de la maison pour laquelle nous avons un coup de cœur.

L’agent immobilier revient vers nous en semaine pour nous faire savoir qu’aucune de nos demandes n’est considérée comme irréalisable par le constructeur. Chouette !

Plus tard, dans la semaine, Chéri demande à pouvoir rentrer dans la maison avec le cuisiniste local. L’agent est plutôt conciliant, il lui autorise l’accès après le travail en semaine, avec le cuisiniste, pour que des mesures puissent être prises et qu’un devis précis soit établi. Ce cuisiniste a en effet quasi les mêmes produits que le cuisiniste franco-allemand hors de prix, et Chéri est convaincu qu’on peut travailler avec lui et aller de l’avant.

Chéri indique aussi qu’il nous faudrait un carreleur pour faire le sol de la cuisine, de la salle à manger et du salon. Le cuisiniste appelle directement un collaborateur avec lequel il travaille régulièrement. Ce dernier, quand il apprend qu’il y a environ 100m² à carreler, arrive dans les quinze minutes.

Le jeune carreleur fait remarquer à Chéri que les sols ne sont pas plats ! En effet, il y a des grands écarts entre le sol et les plinthes, parfois de deux doigts. Argh ! Euh, et combien ça coûterait de les aplanir ? Au moins £1500 pour un matériau spécial, le carrelage environ £2000, la pose environ £1500. Et ça, c’est sans compter le parquet flottant à l’étage, dont les sols ne sont pas plats non plus…

Et la cuisine ? Environ £15000 sans l’électroménager, mais attention hein, livré et monté ! Tout compte fait, l’ensemble nous coûterait plus de 10% du prix de la maison.

Chéri rentre chez nous et me dit qu’il ne voit pas le bout des travaux (et des dépenses !). Alors qu’il s’agit d’une maison neuve, il y a trop de travaux à effectuer et de dépenses associées. Il n’a plus confiance dans cet entrepreneur indépendant. Il pense que tous les problèmes dont on a conscience ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Son verdict : on doit abandonner cette maison.

Et puis, elle se situe dans une zone inondable (une rivière passe à 100 mètres : si la digue venait à céder, nous serions inondés). Enfin, la distance en voiture pour aller à son bureau (même s’il est fréquemment en déplacement professionnel) est de 50 minutes aller. Il tire un trait dessus.

Je suis désespérée. Au début, j’essaye de le convaincre qu’on pourra y arriver tous les deux… Et puis je réalise vite l’ampleur des travaux et les sommes mises en jeu.

C’est d’autant plus difficile de me rendre à son avis que j’avais commencé à me projeter dans cette maison, avec nos futurs enfants qui pourraient y grandir ! J’avais aussi réfléchi à son aménagement. Cette maison était une toile blanche sur laquelle j’avais envie de poser nos touches personnelles, notre déco faite maison avec Amour. Je nous y voyais déjà… Snif !

Mais Chéri a su se montrer raisonnable pour nous deux. Il m’avoue malgré tout qu’il est très déçu aussi.

Enfin, il vaut mieux être déçus maintenant que de regretter notre choix d’ici peu, si on ne voit pas la fin des travaux, que notre fonds de sécurité est égal à 0, et qu’on s’abîme le moral et la santé…

Retour à la case départ.

Et toi, est-ce que tu as connu une déception suite à un malentendu ? Es-tu inspirée par les magazines et les émissions de déco pour ta cuisine, ou bien est-ce que pour toi, c’est une pièce comme les autres ? As-tu dû abandonner une maison coup de cœur pour des questions financières ? Raconte !

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Commentaires

2   Commentaires Laisser un commentaire ?

Mme Alenvers

ton article tombe à pic, nous sommes aussi en train de faire des devis pour refaire notre cuisine et nous avons doublé le prix part rapport à notre idée de départ… certes une cuisine c’est chère si on veut un minimum de qualité, mais il faut aussi se dire qu’on va la garder pour 20-30 ans. donc finalement si on fait le calcul du prix au mois sur 20 ans et vu l’utilisation quotidienne qu’on en a c’est pas si chère! mais je vous comprends quand on craque sur un bien et qu’on doit annuler c’est toujours frustrant… j’en sais quelque chose, nous avons du annuler notre compromis pour cause de licenciement… sur le coup ce n’est pas facile mais vous allez surement retrouver une maison avec moins de frais qui correspond à vos attentes et cette histoire ne sera plus qu’un mauvais souvenir 🙂 bon courage pour vos recherches

le 09/07/2015 à 08h45 | Répondre

Muscadine

Oh la la Madame Alenvers, ça a dû être terrible d’annuler ton compromis de vente pour raison de licenciement! Est-ce que les choses se sont arrangées? J’espère que oui! Et oui, les cuisines c’est pas donné, mais comme tu l’as indiqué, ça dure longtemps, donc il vaut mieux que ce soit solide et pratique, et on y passe tellement de temps ! Merci pour tes encouragements, je suis toujours en plein dans la recherche de maison. Bon courage à toi aussi pour ta cuisine!

le 09/07/2015 à 15h00 | Répondre

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